Ligeia

The Doors (Of Perception)

 



 

 


 

 

En ce moment, c'est retour aux sources vitalisantes avec les Doors

 

 

(GET MUCH HIGHER !) 

 

 

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Montée de l'Optimisme.

 

 


Rita Hayworth dans Gilda



Les Fiancés de Manzoni se terminent sur une phrase du genre "mais laissons cette famille heureuse là où elle est, car si nous vous racontions leur histoire qui fut paisible à partir de ce moment, cela vous ennuyerait [genre tu ne nous a pas emmerdé dans les quatre ou cinq cent pages précédentes]" l'air de dire il n'y a que le malheur qui donne quelque chose à dire. Autant je déteste cet auteur autant ici je dois bien avouer que sur ce point il avait raison. Je suis beaucoup plus contente que je ne l'ai été ces deux dernières années et demi, Charles est confiné dans son bled normand, coin reculé de mon esprit, je suis libre de déambuler dans les paradis artificiels de ma pensée, ou autre, et du coup, je n'ai plus grand chose à dire.


Ah oui, j'allais oublier : film magnifique, à voir absolument, une espèce de Wuthering Heights actualisé, c'est très très réussi.


 

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Archive

Vieille photo trouvée dans la chambre de ma mère qui me fait trop tripper  :)

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Si tu savais, Desnos

Loin de moi et semblable aux étoiles, à la mer et à tous les acceéssoires de la mythologie poétique,
Loin de moi et cependant présente à ton insu,
Loin de moi et plus silencieuse encore parce que je t'imagine sans cesse,
Loin de moi, mon joli mirage et mon rêve éternel, tu ne peux pas savoir.
Si tu savais.
Loin de moi et peut-être d'avantage encore de m'ignorer et m'ignorer encore.
Loin de moi parce que tu ne m'aimes pas sans doute ou, ce qui revient au même, que j'en doute.
Loin de moi parce que tu ignores sciemment mes désirs passionnés.
Loin de moi parce que tu es cruelle.
Si tu savais.
Loin de moi, ô joyeuse comme la fleur qui danse dans le rivière au bout de sa tige acquatique, ô triste comme sept heures du soir dans les champignonnirères.
Loin de moi silencieuse encore ainsi qu'en ma présence et joyeuse encore comme l'heure en forme de cigogne qui tombe de haut.
Loin de moi à l'instant où chantent les alambics, à l'instant où la mer silencieuse et bruyante se replie sur les oreillers blancs.
Si tu savais.
Loin de moi, ô mon présent présent tourment, loin de moi au bruit magnifique des coquilles d'huîtres qui se brisent sous le pas du noctambule, au petit jour, quand il passe devant la porte des restaurants.
Si tu savais.
Loin de moi, volontaire et matériel mirage.
Loin de moi, c'est une île qui se détourne au passage des navires.
Loin de moi un calme troupeau de boeufs se trompe de chemin, s'arrête obstinément au bord d'un profond précipice, loin de moi, ô cruelle.
Loin de moi, une étoile filante choit dans la bouteille nocturne du poète. Il met vivement le bouchon et dès lors il guette l'étoile enclose dans le verre, il guette les constellations qui naissent sur les parois, loin de moi, tu es loin de moi.
Si tu savais.
Loin de moi une maison achève d'être construite.
Un maçon en blouse blanche au sommet de l'échafaudage chante une petite chanson très triste et, soudain, dans le récipient empli de mortier apparaît le futur de la maison : les baisers des amants et les suicides à deux et la nudité dans les chambres des belles inconnues et leurs rêves à minuitss, et les secrets voluptueux surpris par les lames de parquet.
Loin de moi,
Si tu savais.
Si tu savais comme je t'aime et, bien que tu ne m'aimes pas, comme je suis joyeux, comme je suis robuste et fier de sortir avec ton image en tête, de sortir de l'univers.
Comme je suis joyeux à en mourir.
Si tu savais comme le monde m'est soumis.
Et toi, belle insoumise aussi, comme tu es ma prisonnière.
O toi, loin-de-moi, à qui je suis soumis.
Si tu savais.

 

Robert Desnos - Corps et Biens       (recueil absolument MA-GNI-FI-QUE)

 

 

 

 

 
 
 

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J'ai pétri de la boue et j'en ai fait de l'or. (Baudelaire)

 

 

 

 

 

 

Je veux lire de vos nouvelles ; mais il n'en viendra point, je me le dis ; j'en suis convaincu ; avec cela j'en attends toujours.

 

 

 

 

Denis Diderot 

 

  

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Love's Proof - Tracy Chapman

 

 

I want you, try to forget her,

In your heart you know that sh'll never

Love you, love you, love you

 

I want you, try to forget her

She won't call or write you a letter

of love, love, love's proof

 

I want you, try to forget you

Giver her time, you'll wait forever

for love, oh love, love's proof

 

It's not in the stars,

It's all in the proofs

Chances and the odds one you love will love

Fall for you, fall for you

 

I want you, try to forget her

Thinks she's good, I'll be better

Love you, love you, love you

 

 

(mais bien sûr, comme toutes les chansons il faut l'écouter... et non je n'arrive pas à mettre la musique, apparemment c'est pas le bon format et je ne sais pas comment le changer

 

  

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Tribulation nocturnes.

 

 

Encore passé un temps fou sur ma dissertation de français. Comme si ça avait une quelconque utilité...

Si j'avais vraiment du cran, je lâcherais tout. Je commencerais d'abord à travailler, histoire d'avoir un peu d'argent (de nos jours les transports coûtent cher, finis les temps où avec quatre dollars tu faisais je ne sais plus quelle ville de Virginie du Sud où habitait Kerouac - New York en bus), puis je partirais sans rien dire à personne, parce que je n'aime pas le monde où je vis, parce que la société dans laquelle j'évolue est corrompue et pourrie. Je ne sais pas si ça marcherait, ni combien de temps je pourrais vivre comme ça ; je n'ai même aucune idée de la façon dont je pourrais réagir à une telle expérience. Si ça se trouve je me rendrais compte que ce n'est pas la bonne solution, que mon ambition a besoin de cette société viciée que j'exècre.

Et là qu'est-ce que je ferais ?

Retour chez papa-maman, « excusez-moi je me suis plantée, je croyais que je vivrais mieux sans vous, loin de tout », pas très responsable la gamine, n'est-ce pas...

J'ai toujours rêvé d'une vie comme ça, libre, sans contraintes.

D'ailleurs, je continue à me poser des questions : est-ce que c'est vraiment le genre de vie que je me propose qui m'intéresse ? Est-ce que je veux vraiment passer les six prochaines années de ma vie à bosser, puis bosser encore, toujours dans des bouquins probablement (à moins de ne connaître tous les codes par cœur, ce que je doute avoir le temps de faire), voyager peut-être si j'arrive à être diplomate, avoir pas mal d'argent, un mari avec qui mener une tranquille vie de couple et avoir des enfants, aller le vendredi soir au restaurant, le samedi dans le monde, le dimanche pique-nique ou barbecue au lac, connaître les gens qui comptent, avoir un amant riche et puissant, des robes de haute-couture, faire le tour du monde en voilier avec des amis de mon mari qui travaillent dans la marine, voir mes enfants grandir, partir, vieillir, et enfin mourir de je ne sais quelle mort, en paix avec le monde mais terriblement ennuyée.

Rien que de l'écrire je suis révoltée, et le pire c'est que j'ai conscience que c'est une vie à laquelle aspirent beaucoup de gens, c'est une vie d'un certain niveau, une belle vie, mais ce n'est tellement pas ce que je veux ! Bien sûr, j'aime le confort et le luxe, l'amour, voyager, les enfants, mais ce genre de vie m'a l'air d'un répétitif et d'un morose épouvantable... Ca me fait peur, surtout qu'en même temps je me dis que si j'ai une vie comme ça je pourrais (devrais ?) déjà être contente, parce que ça voudra dire que j'aurais donné une bonne partie de moi-même pour l'obtenir, que je me serais battue.

Se battre pour ça ?

Pour une vie d'un ennui mortel, où chaque coucher de soleil est identique au précédent et où les jours ont toujours le même nom ; pour une vie où tout ce qui compte c'est d'avoir de l'argent, plein d'argent, et de le montrer ostensiblement, « regardez ma Jaguar XK2, qu'est-ce qu'elle est belle ! Et ma robe Yves Saint Laurent ! Avez-vous tous vu ma belle robe Yves Saint Laurent ! Combien elle m'a coûté ? C'est tellement ridiculement peu que je n'ose même pas le dire ! », de connaître les bonnes personnes, d'être prêt à sacrifier son intégrité morale et sa dignité humaine pour obtenir des résultats ; c'est pour ça que je travaille, c'est pour ça que je vais me péter le cul pour entrer à Sciences Po Paris ?

(Heureusement que je suis incohérente, autrement je n'aurais vraiment pas d'excuse)

Mais là encore, réflexe humain et donc hypocrite, pourquoi avoir besoin d'une excuse ? Ah, s'il y a une chose que j'admire chez Kerouac (ou ses personnages, tout du moins) c'est bien cette façon de prendre les choses comme elles viennent, sans se compliquer la vie. Je m'en fous d'avoir ou pas une excuse, je fais ce que bon me semble et tant pis si les autres ne pensent pas comme moi, je m'en fous aussi.

Voilà, c'est ce genre de comportements que je n'aime pas et que je me force à perdre, même si parfois je me dis que je ferais mieux de m'adapter et de me la fermer.

Enfin bon, je vais essayer de terminer mon raisonnement, je n'aime pas non plus les choses laissées inachevées.
Je sais donc ce qui m'attend d'un côté, mais de l'autre ? L'idée, en gros, ce serait de faire des petits boulots pour avoir de l'argent et courir le monde. A vingt ans c'est classe, mais à quarante ? Est-ce qu'on peut vivre toute sa vie avec ses rêves et ses idéaux de jeune inconscient ? J'imagine qu'il y a des gens qui le font, qui courent, courent et ne se posent jamais. Le hic, c'est que tu n'as pas de famille, pas d'amis (pas d'amis ‘durables' en tout cas), rien qui est à toi - mais ça c'est le moindre des maux - pas de situation comme on dit ; en gros, tu n'as rien, alors est-ce que tu as encore ta vie ? Est-ce que tu ne te condamnes pas à vivre dans la rue, à te retrouver seul comme un chien à regarder les gens en robes Yves Saint Laurent et Jaguar XK2 passer et te dire « Merde, mais pourquoi est-ce que j'ai pas fait comme tout le monde, j'étais pas plus conne qu'eux, j'aurais pu faire aussi bien si ce n'est mieux et avoir une vie confortable ».

Dans les deux cas on prend le risque d'arriver au bout de sa vie et d'avoir l'impression de s'être complètement planté, le tout est de savoir de quelle façon on préfère se planter : au volant d'un Jaguar ou sur un carton au bout d'une impasse. Dis comme ça on n'hésiterait pas, mais bien sûr les choses ne sont jamais blanches ou noires... Et puis j'imagine qu'il est possible de vivre chacune de ces deux vies en réussissant, il suffit de savoir ce que l'on veut et comment l'obtenir, après tout est facile.

Eternel problème des indécis.

 

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Du hast die Haare schön

 

Sunshine.

Patrice.

 

 

De retour d'Autriche.

C'est bizarre d'être de nouveau à Strasbourg, je m'étais habituée à Hinterglemm, aux gens, au ski, maintenant ça me pèse de revenir à la normalité, bosser, ne plus m'éclater sur les pistes et au ski-bar. J'écoute des vieilles chansons de techno allemande en me remémorant les moments forts du voyage. Un jour chez moi et j'ai déjà envie de repartir. Moment de nostalgie, mais en même temps ça avait déjà commencer à se gâter pour moi - j'ai vraiment du mal avec les gens.

Puis je dois avoir un aimant pour les coups d'un soir même si on me dit que non. Ma mère pense que je suis schyzo. Le pire c'est quand elle m'a expliqué ce qu'elle croyait avoir compris c'était tellement ce que je savais déjà qu'il a bien fallu que je lui donne raison.

J'avais les yeux inondés, heureusement qu'on était dans le noir...

 

Je me pose un peu des questions, silence sans sens, silence significatif, s'il est là demain je pourrai au moins voir sa réaction, pour ça que j'y vais, en mettant tout mon espoir dans ce peut-être. Parce qu'au fond, je m'y suis déjà attachée. On a beau dire le contraire, mais si on peut mentir aux autre on ne peut pas se mentir à soi-même, ça n'a pas le moindre intérêt. Je ne sais pas vraiment ce que je dis, ni si je parlerai de ça en d'autres termes qu'un plan cul mais même si je n'ai eu pratiquement que ça jusqu'à présent, je n'arrive pas à en rester là, du moment que ce ne sont pas de parfaits inconnus ça n'est plus possible. Yé sé pas pourrrquoi, mé bonne, peu tètrrre lorrsque yé séré oune trrenténairre amèrre et cynique yé arrivéré à né plou m'attaché...

Ceci dit, après une semaine de ouf' à la montagne j'ai passé une excellente soirée, manger des cookies spéciaux place de la République en se les caillant, fumer un truc qui ressemble plus à un tampon qu'à ce à quoi il devrait ressembler, marcher dans le froid, Seeed dans les oreilles, danser, chanter Ska-P dont je connais encore quelques chansons par coeur même si ça fait bien deux ans que je n'écoute plus ça, boire de la vodka-orange plutôt pas bonne, voir double même avec des lunettes, s'endormi, se faire dessiner dessus des vieilles moustaches tordues et autres gribouillage, se réveiller avec une coupe d'enfer, puis, puis, puis, rentrer chez soi bosser. Ha, ça casse tout, on s'en fout, tu t'en fous, je m'en fous, mais j'ai envie de te voir.

 

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(I need You like the moon needs the sun to shine)

 

Je préfère cent fois.

Sinsemilia. 

 

Les touches du claviers me résultent difficiles à manoeuvrer, c'est comme si quelque chose voulait m'empêcher d'écrire, je ne sais pas quoi exactement, peut-être c'est juste moi qui bloque parce que j'ai envie de parler de certaines choses mais je n'ose pas, car je me dis qu'il y a quand même pas mal de temps qui est passé depuis, que j'aurais dû être capable de tourner la page, qu'au fond ça n'est qu'une histoire d'adolescence, que dans dix, quinze ou vingt ans j'en rirai, je me sentirai ridicule et je prendrai la main de l'homme qui partagera ma vie pour me réconforter. Mon esprit anarchique et réfractaire crie que non, qu'il n'y aura pas d'homme partageant ma vie parce que je n'aurai pas tourné la page, parce que je ne tournerai jamais la page, parce qu'il restera malgré tout au centre de ma vie et que ça me rendra malheureuse jusqu'à la fin. Et c'est soulageant de penser qu'il y aura une fin. J'essaye vainement de penser à autre chose mais seule je n'y arrive pas. J'ai besoin de stimulants extérieurs pour ne pas y penser, j'ai besoin que des substances chimiques se propagent dans mon sang impur afin de me sentir légère, transportée ailleurs, dans mon ailleurs. Jusqu'ici j'avais toujours méprisé cette solution, jugeant que ce n'en est pas une puisque ce n'est en sorte qu'une illusion, et aujourd'hui encore j'y suis quelque peu reluctante parce que je sais que le prix à payer en serait lourd sans même parler de l'aspect santé, j'y remettrais ma liberté. Or je ne veux être l'esclave de rien ni personne, et encore moins de drogues. Mais si c'était la seule solution? Si c'était la seule chose qui me permettait de l'oublier et de passer à autre chose? En même temps, la drogue elle-même tisse un lien entre nous, donc je ne sais pas vraiment si ça me permettrait de l'éradiquer de mes pensées. Bordel, l'idée de ne jamais le revoir me rend complètement barge, je ne veux pas avoir à renoncer à mes rêves, je ne veux pas d'une vie en conserve, précuite, à réchauffer uniquement quelques minutes au micro-ondes, ça n'a pas le moindre sens ni le moindre intérêt, si c'est comme ça que je suis sensée vivre autant vaut en finir tout de suite, ça fera toujours un minimum d'oxygène en plus. Encore que je ne pourrais pas maintenant, je ne sais pas si c'est parce que j'ai peur de la douleur ou parce que je n'ai pas vécu ma vie et que j'ai le sentiment que je pourrais en faire quelque chose, mais je ne suis pas prête à mourir. Puis comme ça, sur deux pieds, sans l'avoir revu et lui avoir parlé auparavant, sans connaître rien à la vie, je ne pourrais vraiment pas.

 

Autrement, en ce moment tout le monde croit que je suis intoxiquée à vie parce que je ne fais que dire des conneries et rire tout le temps. Puis ça me fait marrer. C'est fou le décalage extra et intra la boî-boîte crânienne hu. Enfin bon, ce n'est plus ce que c'était, les temps changent, bien connu.

 

 

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Panthéisme exacerbé.

 

Like A Hurricane.

Neil Young. 

 

 

 

« Now he's gone, I don't know why

And till this day, sometimes I cry

He didn't even say goodbye

He didn't take the time to lie. »

 

 

 

(Ellen Von Umwerth)

 

 

Chaînes qui ne se brisent pas ?
Le temps les consumera ?
Ne pas penser au futur, ne pas s'inquiéter. All right.
Mais ça ne change rien, n'est-ce pas.
J'ai cru un moment que c'était passé, fini, tourné la page, tout est au mieux dans le meilleur des mondes, mais 4'est tellement loin d'être le cas que je ne peux même pas faire semblant d'y croire.
Bon ça me soule, ça ne sert à rien.

 

Espérons d'aller en Australie.
Deux mois de totale coupure devraient me faire du bien.

 

 

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