Ligeia

How comes such a big storm in these blue eyes ?

< Blow >

 

[ I cannot hang on any thought
I'm falling from an endless boat
I dive into the darkest sea
And sharks are dancing around me ]

 

 

 

Would you look at me now?
Can you tell I'm a man?
With these scars on my wrists
To prove I'll try again
Try to die again, try to live through this night
Try to die again...

               Pantera - Suicide Note Pt. I

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I'm sitting here alone in darkness
Waiting to be free,
Lonely and forlorn I am crying
I long for my time to come
Death means just life
Please let me die in solitude

               Candlemass - Solitude

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It's a dream
Only a dream
And it's fading now
Fading away
It's only a dream
Just a memory without anywhere to stay

               Neil Young - It's A Dream

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The mirrors, the mirrors
That are between us
Me and you
Separated, delirious
You... beholder,
Seeing. We
Are watching, observing
You still when you are not
Touch the surface, cold and smooth
You see me as I touch you...

               Illnath - Behind The Mirrors

 

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Don't become a ghost with no colour Cause you're the best paint, life ever made

< Lost Highway >

 

[ The floor is cold
Her blood too hot
The pain could go
Just with one shot
Sleep little princess
One last caress
One last pearl of blood
Rollin' on your world
So slow
She almost touches
The rainbow ]

            AaRON - Angel Dust

 

 

Bernard Plossu, Oklahoma, 1980

 

 

Je n'ai rien à dire. 

Je me sens vide.

Une autre âme habite mon corps.

Tout ce qu'il reste de mon moi habituel est le Zahir.

 

 

>>  I   K N O W   T H A T   T H E   S U N   S H I N E S

B E T T E R   N O W   T H A Y O U  '  L L   S T A Y

B Y   H I S   S I D E   F O R   E V E R  <<

 

 

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Sometimes I do wonder

< Angel Dust >

 

[ J'ai langui, j'ai séché, dans le feu, dans les larmes,
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader.
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder
 ]

                        Racine - Phèdre

 

Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai rencontré quelqu'un. Quelqu'un dont j'ai pensé qu'il pouvait être à la hauteur. Pas la mienne, celle-là je m'en contre-fous, mais la sienne, sa hauteur. Je redoutais que ce jour n'arrive jamais - il est arrivé. Certes, il ne s'y substitue pas, rien ne s'y substitue, mais il présente une alternative intéréssante. Très intéréssante, même. Etrange comme un souple regard, des mots peu ou pas échangés peuvent tout bouleverser. (Je dis tout, mais chez moi c'est plutôt un rien) D'ailleurs, ce n'est pas la première fois, deux fois depuis les vacances de février ça fait beaucoup, moi qui m'étais habituée à mes tourments, tout à coup ces yeux marine glaciaux viennent tout refroidir, on dirait une tranquillité, jamais eue, mais retrouvée tout de même, c'est agréable et désagréable en même temps.

Sa ne sert vraiment à rien tout ça, puis les alternatives ne m'intéréssent pas - j'ai toujours été toutourientiste, je m'en fous des alternatives, je veux ce que je veux et c'est tout. Et tanpis si je ne l'aurais jamais, je ne dois m'abaisser à la vermine. Pourtant c'est précisémment ce que tu as fait... Oui, mais j'en avais envie. Plaisir malsain. Je n'ai vraiment pas envie de vivre, je devrais rester sur mon lit à fixer le plafond, j'aurais peut-être quelques illuminations et peut-être pas, mais au moins je ne ferais pas chier le monde et - surtout - le monde ne me ferait pas chier. Mon ambition est sans limites ces temps. Je rêve de ne faire qu'une seule chose : m'en aller bien loin, me faire oublier de tous ceux que j'ai connus, en oublier la plupart et vivre une ville sans règles dans des coins bien tranquilles loin de tout.

 

Klimt - The Kiss

 

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Try to understand, he's a magic man

< Crazy On You >

 

[ Cold late night so long ago
When I was not so strong you know
A pretty man came to me
Never seen eyes so blue
I could not run away
It seemed wed seen each other in a dream
It seemed like he knew me
He looked right through me ]

 

{ Claudia Cardinale }

Journées qui passent en un clin d'oeil sans n'avoir rien fait - Nuits qui passent au gré des larmes et des morceaux de Jazz, un livre à la main, autre chose en tête, des feuilles qui se remplissent d'une écriture fine et noire. Strictement noire. La main n'écrit toujours qu'en noir. Sorte de rébellion face à un monde dont les couleurs éblouissent la vue et l'esprit. C'est bête, mais au fond c'est toujours la même chose, toujours la même mascarade, alors qu'il serait si simple de tout planquer et vivre ce qu'il nous faudrait vivre. Pourquoi ne le fait-on ? Pourquoit a-t-on peur de l'Inconnu ? Il a arrêté de me faire peur. Je n'arrive plus à m'ancrer. J'ai tellement envie de partir que lorsque ma grand-mère est morte j'ai demandé à mes parents de déménager à Rome. Ils ont préféré attendre que je finisse le lycée, après ça dépendra de ce que je ferai, mais ils y retourneront sûrement. J'étais prête à tout laisser ici, mes amis, le lycée, tout ce que je pouvais bien avoir, je l'aurais volontier sacrifié pour... Je ne sais même pas pour quoi. Juste pour un changement. Mais j'aurais d'autres occasions.

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Live Fast, Die Young

< Insane >

 

[ Je l'aime, non point tel que l'ont vu les enfers,
Volage adorateur de mille objets divers,
Qui va du Dieu des morts déshonorer la couche,
Mais fidèle, mais fier, et même un peu farouche,
Charmant, jeune, traînant tous les cœurs après soi,
Tel qu'on dépeint nos Dieux, ou tel que je vous voi ]

                     Racine - Phèdre

 

 

Parce qu' Only The Good Die Young, et que lui est mort bien trop tôt

Parce qu'on perd toujours plus vite ceux qu'on aime que ceux qu'on n'aime pas

Parce que pour des milliers de personnes odieuses il y en a quelque unes de merveilleuses

Parce que Live Fast, Die Young est la plus belle façon de vivre

Parce que c'est comme ça qu'ils ont vécu Lui, Lui et qu'il vit Lui

Parce que ça ne vaut pas la peine autrement

 

 

[ JAMES DEAN ]

 

 

 

 

] Dream as if you'll live forever, live as if you'll die today [

 

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I won't cry just as long as you stand, stand by me

Les Lésions Dangereuses >

 

Tu l'as donc rencontré
Dans un pauvre bistrot
Où tu vas le matin très tôt
Prendre un petit café
Il venait tous les jours
Et toi tu as fini
Le voyant si triste toujours
Par le trouver gentil
Et hier soir dans ta maison
Tu étais gaie comme un pinson

Ses yeux
Qui te plaisaient tant
T'avaient caressé
D'un regard si tendre
Sa bouche
Qui te plaisait tant
T'avait dit des mots
Pleins de sentiments
Son coeur
Qui te plaisait tant
Battait doucement
Au rythme des rêves
Ses mains
Qui te plaisaient tant
Etreignaient tes mains
D'un geste enivrant

Il avait des beaux yeux
Il avait des mains fines
Une bouche bien dessinée
Il était seul et digne
Tu pensais à son coeur
Tu voulais l'éveiller
Imaginant sa pauvre vie
Tu voulais l'égayer
Mais hier soir dans sa maison
Il était gai comme un pinson

Ses yeux
Qui te plaisaient tant
Regardaient le sang
Couler sur la table
Son coeur
Qui te plaisait tant
Sonnait à coups sourds
Le glas des amants
Sa bouche
Qui te plaisait tant
Murmurait des mots
Qui te rendaient folle
Ses mains
Qui te plaisaient tant
Poussaient un couteau
Dans un ventre blanc

Il préparait des merlans.

 

 

Ne sont-elles pas merveilleuses ces paroles ? Faudra que je les lises ces bouquins de Vian que j'ai pris à la bibliothèques, ça donne envie. On dirait que je vais encore passé la Nuit à ne pas dormir, surtout que je n'ai toujours pas fait ma rédac' d'anglais pour demain. Puis j'ai des jolis nouveaux cahiers, j'aurais sûrement envie de les inaugurer - j'adore écrire dans un cachier vide. Mais bon ce n'est pas grave, la Nuit n'est pas faite pour dormir de toutes façons, on ferait mieux de dormir le jour - si on ne peut vraiment pas s'empêcher de dormir.

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Sans doute tu seras ma mort

< A Bout De Souffle >

 

[ Nothing begins, and Nothing ends,
That is not paid with moan,
For we are born in other's pain,
And perish in our own. ]

 

 

Intérieur d'un Harem
Intérieur de Harem, Théodore Chassériau, 1857

 

Et au bout du chemin, qu'est-ce qu'il va rester ? Je me le demande aussi, mais je crois qu'il ne restera rien, tout n'est pas fait pour durer. Le chemin a beau être long et tortueux, cela n'explicite pas qu'il mène quelque part - on marche peut-être en vain. Pas très agréable à se dire, je déteste faire des choses pour rien, mais tant qu'on n'est pas arrivé au bout j'imagine qu'on ne peut pas savoir à coup sûr ce qui nous attend. Au moins, ça donne un minimum d'imprévu à notre vie, ce qui, en soi, est considérable. C'est frustrant de se dire que tout est déjà "prévu", personne n'a le droit de prévoir, il faut garder le pouvoir de tout changer à la dernière minute. Sans ça, je ne vois pas d'intérêt à vivre.

Il faut donner à sa vie un sens qu'elle n'a pas - je ne me souviens plus exactement de la tournure, mais la signification est là, signée Camus. Sa prouve bien que tout est dans nos mains, c'est tout ce que je demande. Moi mon sens je l'ai trouvé, il est juste un peu difficile à mettre en oeuvre à chaque instant, puis me dire que je ne vis que pour ça, c'est un peu restrictif je trouve. Or je n'aime pas les restrictions. Je suis bien convaincue de mon inutilité, tout ce que je peux faire c'est atteindre les limites permises par mon esprit, mais rien de ce que je fais ne sert à quelque chose en-dehors que cette "quête du savoir" ; pour les autres je ne serai toujours qu'une masse informe de molécules qui ne fait qu'accroître le taux de surpopulation mondiale.

Cela dit, la vie ne me manquera pas tant que ça, la seule chose qui manque vraiment - pour l'instant - ce sont ses yeux, ces yeux de fou, du Fou qu'il est. Car même si je suis loin d'avoir tout ce que je souhaite - très loin - je vis plutôt bien comme ça, je crois que je n'ai pas à me plaindre. Puis je n'aime pas me plaindre, donc je ne me plains pas. Je suis tellement habituée à vivre comme si je ne vivais pas, à n'exister que dans ma tête, que je n'ai plus de contraintes matérielles, je ne m'attache plus aux choses, ce que je veux, je sais que je ne le voudrais plus dès que je l'aurais, donc je ne veux plus rien. Fini les longues listes des choses que je voulais m'acheter, les longs calculs, les cahiers de dépenses que je faisais autrefois, la dernière chose que j'ai acheté était un bouquet de fleurs pour ma mère aujourd'hui, mais pour moi, ça fait longtemps que je n'achète rien. Et somme toute, je vis mieux comme ça. Sans rien.

 

[ Il y a les lois de l'empire
Et les trous noir dans la mémoire.
Il y a le meilleur et puis le pire
Au milieu de notre trajectoire.
Combien tu vends ta liberté ?
Dis, combien tu vends ta poésie ?
Moi j'ai même vendu monâme au diable
Pour ton sourire... ]

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Tu ressembles au naufrage que j'ai fait autrefois

< Toujours Quand Tu Dors >

 

Et voilà, hier je suis sortie après tout ce temps, fête du lycée. Thème des déguisements : personnage, couple ou groupe célèbre. Sa m'avait l'air très con au début mais finalement c'était marrant, il y avait des trucs vraiment pas mal. Moi je m'étais barbouillée le visage de noir pour faire Bert, le ramoneur de Mary Poppins, on a bien rigolé avec Adèle - qui était, elle, Mary Poppins. Puis  un petit coup de ridicule ça ne fait pas de mal de temps en temps, l'auto-dérision c'est important je pense. L'atmosphère par contre n'était pas très fêtarde, il n'y avait pas grand chose à faire et la musique... [ Dubitative ]

 



Mais à la fin, ce groupe, on n'aurait pas dû aller les écouter, la musique était pas mal même si le son était mauvais, j'ai toujours les trippes qui s'entortillent avec ce genre de sons, ça faisait longtemps que je n'écoutais pas de Metal... Puis on est rentrées, je les ai vus, je l'ai vu, je n'ai pas pu m'en décrocher, on y est restées jusqu'à la fin ; pauvre Adèle, elle n'aime pas du tout cette musique, elle, mais il fallait absolument que j'imprime son visage dans ma mémoire, il lui ressemblait beaucoup, pourquoi faut-il toujours que les autres lui ressemblent ? Les très plus grossiers sans doute et le visage un peu inexpressif, mais le bassiste, dans sa salopette bleue, lui ressemblait quand même. Ô comble de misère ! Je le retrouvais dans les traits de son père ; Phèdre dit cela à propos de son Hippolyte, moi je peux le dire à son propos, partout je le vois, partout... Mais bon, j'ai l'habitude depuis le temps n'est-ce pas, me retourner à chaque coin de rue, embrasser la foule du regard, on trouve des choses étonnantes parfois.

 

[ And I hate when you say
That I never fight for you
Sometimes you breathe
All over my scar
And you always end up
Closer than close
That's where I give in
]

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L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.

< Bang Bang >

 

Demain, fatidique reprise de la routine. On a beau se tortiller, se démener, au fond les journées se répètent d'elles-mêmes. Ce qui change, c'est la date. Dans toute son Inutilité. Vaine tentative de maîtriser le temps qui passe, passe, puis s'arrête. La mort ne nous concerne pas, car tant que nous sommes la mort n'est pas là et lorsque vient la mort nous ne sommes plus. Je ne me souviens plus quel philosophe grec a dit cela, mais c'est une manière bien Cynique de l'attendre. On n'a que ça à faire de toutes façons : attendre la Mort - à moins de ne se la donner soi-même - c'est la seule certitude que nous puissions avoir et qui est immuable. S'il y a quelque chose qui détruit tout et que rien ne peut détruire, c'est bien elle, la Mort. Sa rassure certains, ça en effraie d'autres, moi ça me laisse complètement indifférente, la seule chose que je n'aime pas dans la Mort, c'est l'oubli. Si je finirai par être oubliée, j'espère au moins ne pas oublier pendant mon vivant, c'est ce qui me fait le plus peur - je suis une partisane de l'emmagasinemment cérébral massif, l'oubli est un principe qui m'est insupportable.

 

 

[Parce le mythe de la Barbie ne s'est pas encore inculqué dans mon esprit : Claudia Cardinale, une des plus belles femmes du monde, dans sa jeunesse]

C'est triste de voir les gens s'accrocher à un passé désormais loin derrière eux. A un beau passé, surtout. Un passé de succès, conquêtes, frivolités, ça doit être difficile de s'adapter. Mais voir une femme de soixante-dix ans telle que Claudia Cardinale ou Sofia Loren faire encore les vamps et poser pour des calendriers je trouve ça déplorable. Aussi difficile que ce doit être, on ne peut pas continuer comme dans le passé, les temps changent, nous changeons nous-mêmes, et les gens qui ne sont pas capables de s'adaptent finissent par être écrasés. Puis pour soi-même aussi c'est mieux, je ne pense pas que s'adapter signifie ne pas être fidèle à soi-même, il faut trouver le moyen de se rester fidèle tout en se modèlant selon son contexte, sinon on reste débile.

Je suis en train d'essayer de m'imaginer un monde sans verdure. Fait d'asphalte, de métal et d'eau. Tel que l'aurait voulu Baudelaire. A part tous les aspects vitaux que cela modifierait chez l'être humain et le monde vivant en général, ça doit être très glauque... Sans aller jusqu'au cliché de la sieste à l'ombre d'un platane que je n'ai jamais faite, la nature donne quand même un sens de liberté qu'un ne retrouve pas dans les constructions. Quoi de plus asphixiant que ces grands bâtiments de béton et métal identiques les uns aux autre, se différenciant tout au plus par leur nombre d'étages ? Et sans faire la moraliste que je ne suis pas, on a déjà fait l'expérience avec la tour de Babel, à quoi bon construire et construire en hauteur ? On a tellement de territoires inutilisés qu'on laisse moisir sans en profiter at all, selon moi il vaudrait mieux industrialiser et rendre habitables les pays qui ne le sont pas. Mais bon, le selon moi on s'en fout.

 

[ Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, this auwful sound
Bang bang, my babe shot me down ]

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