Ligeia

L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.

< Bang Bang >

 

Demain, fatidique reprise de la routine. On a beau se tortiller, se démener, au fond les journées se répètent d'elles-mêmes. Ce qui change, c'est la date. Dans toute son Inutilité. Vaine tentative de maîtriser le temps qui passe, passe, puis s'arrête. La mort ne nous concerne pas, car tant que nous sommes la mort n'est pas là et lorsque vient la mort nous ne sommes plus. Je ne me souviens plus quel philosophe grec a dit cela, mais c'est une manière bien Cynique de l'attendre. On n'a que ça à faire de toutes façons : attendre la Mort - à moins de ne se la donner soi-même - c'est la seule certitude que nous puissions avoir et qui est immuable. S'il y a quelque chose qui détruit tout et que rien ne peut détruire, c'est bien elle, la Mort. Sa rassure certains, ça en effraie d'autres, moi ça me laisse complètement indifférente, la seule chose que je n'aime pas dans la Mort, c'est l'oubli. Si je finirai par être oubliée, j'espère au moins ne pas oublier pendant mon vivant, c'est ce qui me fait le plus peur - je suis une partisane de l'emmagasinemment cérébral massif, l'oubli est un principe qui m'est insupportable.

 

 

[Parce le mythe de la Barbie ne s'est pas encore inculqué dans mon esprit : Claudia Cardinale, une des plus belles femmes du monde, dans sa jeunesse]

C'est triste de voir les gens s'accrocher à un passé désormais loin derrière eux. A un beau passé, surtout. Un passé de succès, conquêtes, frivolités, ça doit être difficile de s'adapter. Mais voir une femme de soixante-dix ans telle que Claudia Cardinale ou Sofia Loren faire encore les vamps et poser pour des calendriers je trouve ça déplorable. Aussi difficile que ce doit être, on ne peut pas continuer comme dans le passé, les temps changent, nous changeons nous-mêmes, et les gens qui ne sont pas capables de s'adaptent finissent par être écrasés. Puis pour soi-même aussi c'est mieux, je ne pense pas que s'adapter signifie ne pas être fidèle à soi-même, il faut trouver le moyen de se rester fidèle tout en se modèlant selon son contexte, sinon on reste débile.

Je suis en train d'essayer de m'imaginer un monde sans verdure. Fait d'asphalte, de métal et d'eau. Tel que l'aurait voulu Baudelaire. A part tous les aspects vitaux que cela modifierait chez l'être humain et le monde vivant en général, ça doit être très glauque... Sans aller jusqu'au cliché de la sieste à l'ombre d'un platane que je n'ai jamais faite, la nature donne quand même un sens de liberté qu'un ne retrouve pas dans les constructions. Quoi de plus asphixiant que ces grands bâtiments de béton et métal identiques les uns aux autre, se différenciant tout au plus par leur nombre d'étages ? Et sans faire la moraliste que je ne suis pas, on a déjà fait l'expérience avec la tour de Babel, à quoi bon construire et construire en hauteur ? On a tellement de territoires inutilisés qu'on laisse moisir sans en profiter at all, selon moi il vaudrait mieux industrialiser et rendre habitables les pays qui ne le sont pas. Mais bon, le selon moi on s'en fout.

 

[ Bang bang, he shot me down
Bang bang, I hit the ground
Bang bang, this auwful sound
Bang bang, my babe shot me down ]

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