Sans doute tu seras ma mort
< A Bout De Souffle >
[ Nothing begins, and Nothing ends,
That is not paid with moan,
For we are born in other's pain,
And perish in our own. ]

Et au bout du chemin, qu'est-ce qu'il va rester ? Je me le demande aussi, mais je crois qu'il ne restera rien, tout n'est pas fait pour durer. Le chemin a beau être long et tortueux, cela n'explicite pas qu'il mène quelque part - on marche peut-être en vain. Pas très agréable à se dire, je déteste faire des choses pour rien, mais tant qu'on n'est pas arrivé au bout j'imagine qu'on ne peut pas savoir à coup sûr ce qui nous attend. Au moins, ça donne un minimum d'imprévu à notre vie, ce qui, en soi, est considérable. C'est frustrant de se dire que tout est déjà "prévu", personne n'a le droit de prévoir, il faut garder le pouvoir de tout changer à la dernière minute. Sans ça, je ne vois pas d'intérêt à vivre.
Il faut donner à sa vie un sens qu'elle n'a pas - je ne me souviens plus exactement de la tournure, mais la signification est là, signée Camus. Sa prouve bien que tout est dans nos mains, c'est tout ce que je demande. Moi mon sens je l'ai trouvé, il est juste un peu difficile à mettre en oeuvre à chaque instant, puis me dire que je ne vis que pour ça, c'est un peu restrictif je trouve. Or je n'aime pas les restrictions. Je suis bien convaincue de mon inutilité, tout ce que je peux faire c'est atteindre les limites permises par mon esprit, mais rien de ce que je fais ne sert à quelque chose en-dehors que cette "quête du savoir" ; pour les autres je ne serai toujours qu'une masse informe de molécules qui ne fait qu'accroître le taux de surpopulation mondiale.
Cela dit, la vie ne me manquera pas tant que ça, la seule chose qui manque vraiment - pour l'instant - ce sont ses yeux, ces yeux de fou, du Fou qu'il est. Car même si je suis loin d'avoir tout ce que je souhaite - très loin - je vis plutôt bien comme ça, je crois que je n'ai pas à me plaindre. Puis je n'aime pas me plaindre, donc je ne me plains pas. Je suis tellement habituée à vivre comme si je ne vivais pas, à n'exister que dans ma tête, que je n'ai plus de contraintes matérielles, je ne m'attache plus aux choses, ce que je veux, je sais que je ne le voudrais plus dès que je l'aurais, donc je ne veux plus rien. Fini les longues listes des choses que je voulais m'acheter, les longs calculs, les cahiers de dépenses que je faisais autrefois, la dernière chose que j'ai acheté était un bouquet de fleurs pour ma mère aujourd'hui, mais pour moi, ça fait longtemps que je n'achète rien. Et somme toute, je vis mieux comme ça. Sans rien.
[ Il y a les lois de l'empire
Et les trous noir dans la mémoire.
Il y a le meilleur et puis le pire
Au milieu de notre trajectoire.
Combien tu vends ta liberté ?
Dis, combien tu vends ta poésie ?
Moi j'ai même vendu monâme au diable
Pour ton sourire... ]
Par ligeia, Dimanche 6 Mai 2007 à 21:53 GMT+2 dans Délires d'une Inconsciente (article, RSS)



