Nihil lacrima citius arescit.
< L'Absente >
Qu'est-ce que je fais de mon samedi soir ? Je planifie le voyage à Paris des vancances de la Toussaint. Si ça arrive à bon port - et ça devrait être le cas - il y a des chances que ce soit vraiment cool, mes premières vacances entre amies, on a pleins d'idées pour tout et n'importe quoi, de mon côté j'ai élaboré quelques projets farfelus donc je n'ai encore fait part à personne ce serait vraiment génial, une occasion rêvée, on verra bien.
Bon dieu que je m'ennuie. Je suis totalement démotivée, j'ai pas envie de lire, pas envie d'écrire, pas envie de m'abrutir devant la télé (je m'abrutis devant l'ordi, je ne sais pas si c'est vraiment mieux...) c'est fou comme je n'ai rien à faire de ma vie, pour le coup je vais mettre un petit bout de Desnos, ça a assez de substance pour me remplir un moment.
J'ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité.
Est-il encore temps d'atteindre ce corps vivant
Et de baiser sur cette bouche la naissance
De la voix qui m'est chère?
J'ai tant rêvé de toi que mes bras habitués
En étreignant ton ombre
A se croiser sur ma poitrine ne se plieraient pas
Au contour de ton corps, peut-être.
Et que, devant l'apparence réelle de ce qui me hante
Et me gouverne depuis des jours et des années,
Je deviendrais une ombre sans doute.
O balances sentimentales.
J'ai tant rêvé de toi qu'il n'est plus temps
Sans doute que je m'éveille.
Je dors debout, le corps exposé
A toutes les apparences de la vie
Et de l'amour et toi, la seule
qui compte aujourd'hui pour moi,
Je pourrais moins toucher ton front
Et tes lèvres que les premières lèvres
et le premier front venu.
J'ai tant rêvé de toi, tant marché, parlé,
Couché avec ton fantôme
Qu'il ne me reste plus peut-être,
Et pourtant, qu'a être fantôme
Parmi les fantômes et plus ombre
Cent fois que l'ombre qui se promène
Et se promènera allègrement
Sur le cadran solaire de ta vie.
Robert Desnos - Corps et biens
Du coups, les taillures bavent et les questions fusent. Puis je suis sensée ne pas m'inquièter. Tu crois vraiment que c'est possible ? Tu me connais si mal que ça ? Non... Pourtant, je sais que je ne devrais pas m'en faire, il y a pleins de raisons pour que je m'inquiète, mais elles ne comptent pas vraiment n'est-ce pas, elles ne le devraient pas, du moins.
Je ne connais pas grand chose à la vie (je ne suis pas prétentieuse ce soir), mais je connais le drame humain. Drame psychique, j'entends. Quand on peut se payer le luxe d'avoir des drames psychiques biensûr. Il était une fois un royaume. Peu importe son nom, le mien, le sien, le leur, le votre de royaume, aucune importance, puisque comme La Fontaine ma réflexion a abouti a une conclusion de visée universelle, présent gnomique. Ce royaume fut déchiré tout au long des siècles par de nombreuses guerres, les unes plus sanglantes que les autres, mais qui après des années de combat finirent toutes par trouver une fin pacifique dans un traité de paix, un armistice ou autre. Il y en eut une, une seulement, qui commença dès lors que le petit groupe à l'origine du royaume se réunit, et cette guerre-là dure toujours, elle n'a pas de limites, ni temporelles, ni spatiales, c'est la guerre des Idéaux contre les Instincts. Elle nous hante, nous ronge, nous déchire. Puis tout passe et on se rend compte que ce n'étaient que des conneries. J'espère que ce jour n'arrivera jamais. En fin de compte, je préfère vivre avec cette guerre que sans, je ne sais juste pas quel parti prendre...
Hallelujah, je l'adore cette chanson. Mais j'ai loué un placard pour mes robes d'hiver vous ne savez pas ce que c'est, je ne vous le souhaite pas, y a-t-il une fin à tout ça ?
{ Le temps passe, les gens ne sont plus }
Par ligeia, Samedi 15 Septembre 2007 à 23:02 GMT+2 dans Délires d'une Inconsciente (article, RSS)



