Ligeia

Did you ever go clear ?

 

Famous Blue Raincoat.

Leonard Cohen.

 

 

Il fait froid tout d'un coup.

Où es-tu passé?

Je ne sais pas ce qui m'a pris d'accepter cette invitation, se les geler place de la Rep avec une horde de gens plus ou moins îvres, ça ne rentre pas du tout dans mes intérêts. J'aurais pu rester ici, à peu près au chaud, et faire quelque chose d'utile : finir Les Cloches de Bâle, par exemple. En plus je n'ai pas envie de sortir, mais alors vraiment pas - je n'aurais pas dû me mettre à écouter cette chanson, elle me donne envie de pleurer.
 

 
And what can I tell you my brother, my killer
What can I possibly say?
I guess that I miss you, I guess I forgive you
Im glad you stood in my way.

 


Plus spécialement envie de le faire - rien spécialement envie de faire - mais il le faut, tu comprends, ça c'est la fois où s'est facile, où c'est possible, tout près, si on ne le fait pas maintenant que c'est vraiment à deux doigts, on ne le fera jamais - ça fait assez longtemps comme ça qu'on ne le fait pas, non ?!

D'un côté j'ai peur que ça ne serve à rien, je ne pense pas que ça fera énormément évoluer la situation, mais c'est la seule solution, les choses ne peuvent pas évoluer dans ces circonstances. Tout au plus se briser. Mais là-aussi, autant vaut le faire pour de vrai.

Je ne sais plus. Moment d'incroyance totale. Y a des fois comme ça, où tout s'écroule. Puis ça se remet sur pied : on se réveille le matin et on se rend compte que, tout compte fait, on y croit encore. Et toujours.

Mais il y aura un jour où je me réveillerai en me disant "Ah, c'était juste ça ? J'ai gâché dix ans de ma vie pour un homme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre ?!" (petits restes de Proust). Je redoute ce jour. Sincèrement.

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Stuck In The Middle With You


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Etouffe moi si tu peux

Danse sur le feu Maria - Noir Désir

 

 

Je ne t'en veux pas
Je ne te vois pas
Et j'ai oublié
Qui tu étais 

 

J'aimerais bien me réveillé un jour en pensant ça. Sa me manquerait peut-être au début, mais à la longue je sais que c'est ce qu'il faudrait. Pourtant je ne veux pas, je ne suis pas encore résignée. Quand je serai vieille peut-être, si je serai jamais vieille, maintenant ce n'est vraiment pas le moment ; manquerait plus que ça... Mais ça viendra sans doute bien plus tôt que je ne le crois.

Manu m'a bousillé l'épaule avec ses poings, c'était un chouette cours d'Italien pour une fois. Il y a des gens fous, comment peut-on croire que trois soirées de conversation sur msn forgent une amitié durable, viscérale, moi ça me dépasse, la conception totalement déformée du réel, c'est dingue.

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Je suis le suicide vivant.

 

Rootless Tree - Damien Rice

 

 

Bourrage de crâne aragonien.

 

J'ai bien aimé cette journée. Sa arrive parfois, de temps en temps, l'impression d'avoir réussi quelque chose, de ne pas avoir gâché une journée - c'est rare - un sentiment bizarre, envahissant, qui coupe totalement du monde. C'est un peu comme si on était omniscient, oui c'est sa, la lucidité à son paroxysme - c'est gonflé, je sais, l'Omniscient c'est sensé être Dieu, mais qu'il change de boulot et s'il veut moi j'prends sa place.

Il suffit de très peu. Une chanson envoûtante. Des pensées virevoltantes, entêtantes, obsédantes. Des mots fascinants. Puis tout commence à tourner, les lignes se confondent, on croirait voir des files de fourmis qui s'entressent. Voilà, il suffit de cela. Un peu de toi, un peu de moi, un peu de tout et un peu de rien. Un peu de vent ou de pluie, ça aide aussi mais ce n'est pas indispensable.

 

 

Ce que je me demande là, c'est pourquoi je fais ça. But ? Aucun. Intérêt ? Nul. Raison ? Inexistante. Je le fais quand même parce que je n'aime pas ce raisonnement, je pense que je ne ferais vraiment rien si je m'y tenais, mais il vaudrait peut-être mieux.

 

C'est bête que tu aies arrêté d'écrire, j'ai des vieilles feuilles imprimées, un peu chiffonnées et jaunies, ça me plaisait vraiment beaucoup. [Adieu l'ami]

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Pour l'amour et la Haine...

< Wild Chils - W.A.S.P. >

 

 

Je reviens de mon cours d'allemand. C'est cool d'être au milieu de gens qui ont vingt ans de plus que toi et qui parlent vaguement mieux l'allemand que toi. Surtout quand Il ne te parle pas. Puis la prof qui ne dit pas un mot en français, ça aura au moins la vertu de dépaysager. Et le problème n'est pas tant de proprement comprendre,  puis que je comprends, mais la peur de ne pas comprendre et de ne pas réussir à s'exprimer. Je n'aime déjà pas parler, mais alors en public (et dans une autre langue...). Je crois que ça rentre dans ma soi-disante Vanité, je n'accepte pas de n'être pas parfaite donc du coup je préfère me taire plutôt que dire quelque chose de faux ou mal dit. C'est très stupide en y réfléchissant, mais inconsciemment c'est ça qu'il se passe, et je ne peux rien faire contre. Enfin si, je pourrais déformer ma nature comme je l'ai fait pour d'autres choses, et même si ce n'est pas moi (je commence à penser que ce petit mot-là n'a pas le moindre sens, moi c'est moi, mais moi c'est toi et c'est nous et vous et il et elles en même temps, tout le monde, ça ne veut rien dire) ce n'est pas grave, parce que de toutes façons j'existe pour moi-même et pour lui peut-être en tant que moi, pour les autres, ce n'est la plupart qu'un faux moi qui me remplace, un moi de rechange, plus ou moins adapté aux personnes et aux situations. Je ne suis pas de ceux qui disent qu'il faut rester soi-même à tout prix, si on juge ne pas avoir de prix autant vaut changer de soi-même, devenir ce que l'on veut être même si ça ne nous correspond pas forcément. C'est une donnée fondamentale pour réussir sa vie. En même temps c'est vrai que ce n'est qu'un maquillage, et que si on donne l'impression de réussir sa vie, on ne la réussit pas forcément d'après nos propres critères. Donc c'est une vie faite d'illusions et de mensonges. Du coup, la question de la sincérité se pose, mais là je ne sais plus répondre. Fondamentalement, je dirais que je suis plutôt contre. A mon sens, le plus important c'est d'avoir le sentiment de réussir sa vie, si cela implique quelques petites gaffes d'ordre éthique ce n'est pas très important, on en commet même sans le vouloir. On m'a souvent fait la remarque plusieurs fois, donc oui, je suis une grande admiratrice de Machiavel ; et en même temps, avec un père spécialiste en la matière, le contraire aurait été étonnonant. Ca peut paraître très individualiste et par conséquent terriblement égoïste comme raisonnement, mais je pense que lorsque les individus vivent en harmonie avec eux-mêmes, ils finissent par vivre en harmonie entre eux et il en naît ce qu'on pourrait appeler une "harmonie générale". On en revient à cette histoire de conscience, on peut cacher aux autres nos failles mais pas à nous-mêmes, on ne peut se trahir que jusqu'à un certain point - tandis que les autres c'est bien facile, il n'y a que les yeux qui nous trahissent par moment, mais avec de l'entraînement ils finissent par obéir et à la limite, avec un peu de chance les autres ne remarquent pas l'instant de défaillance.

Mais on s'en fout, les autres ne sont pas importants, je m'en fous, il n'y a que ça et Sciences Po qui comptent désormais ; l'un, pour que ma vie est un minimum de sens et pour ne pas être éternellement déçue ; l'autre, pour ne pas rater ma vie (voire même la réussir).

 

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Tout l'or des nuits _ Eteint

 

"J'ai détruit ce torrent d'enfantillages

amassé sur la table.[...] je me suis

réveillé avec l'inexpliquable malaise

moral que j'ai emporté hier soir de

chez vous.[...]Aussi je t'ai dis hier

"Vous m'oublierez, vous me trahirez;

celui qui vous amuse vous ennuiera.[...]"

Il y a quelques jours, tu étais une divinité,

ce qui est si commode, ce qui est si beau,

si inviolable. Te voilà femme maintenant..."

 

Charles Baudelaire à Mme Sabatier, 31 août 1857

 

 

 
Tears - Man Ray 

 

 

Il suffit d'être amants le temps d'une nuit pour passer de Divinité
à femme, il y a quelque chose de sournois là-dedans, non ?

 

 

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Love Will Tear Us Apart...

 

When routine bites hard,

And ambitions are low

And resentment rides high,

But emotions won't grow,

And we're changing our ways,

Taking different roads. 

                        (Joy Division)

 

 

Ian Curtis
 
 

 

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Control

< No Love Lost - Joy Division >

 

 

Je suis allée voir Control au cinéma cet après-midi, c'était vraiment
génial ce film. Ca faisait longtemps qu'un film ne m'avais pas autant plu, ça m'a vraiment marquée...

Déjà, un film en noir et blanc ça fait toujours plaisir. Ensuite, les images
étaient vraiment magnifiques, les acteurs excellents, les restitutions des concerts très réussies, l'atmosphère envoutante, etc. je ne vais
pas non plus faire un panégyrique de ce film. En tout cas, ce qui est sûr, c'est que je vais le revoir, demain même très probablement.

 

 

(Image du film)
 

 

C'est vraiment pénible de rentrer chez soi, de retrouver sa routine, les
cours, les parents chiants, le lendemain la veille n'y fait rien, on a juste
envie de rester dans cette atmosphère, se laisser bercer, valse mélancholique et langoureux vertige, c'est un peu comme quand
on se laisse porter par les vagues, les yeux fermés, on ne veut pas les ouvrir parce qu'on sait que dès lors qu'on l'aura fait toute magie se sera évaporée...

 

                              You've been seeing things,
                              In darkness, not in learning,
                              Hoping that the truth will pass.
                              No life underground, wasting never changing,
                              Wishing that this day wont last.
                              To never see you show your age,
                              To watch until the beauty fades,
                              I need it.
                              I need it.
                              I need it. 

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Reine d'une perspective où tu n'as point de place

 

< Last Tango In Paris >

 

 

Journée passionnante, s'inscrivant dans le VIDE comme la plupart de mes journées
depuis l'interminable semaine qui vient de s'écouler. Ca doit être une réaction
bizarre de mon cerveau, mais c'est parfois très facile. Il arrive même à me faire
penser que c'est mieux qu'avant. Au moins comme ça ne je ne m'énerve pas, je
suis juste déçue à la limite, mais le néant c'est plus facile à vivre que ... je ne sais
pas comment définir ça, quelque chose qui va se dégradant - J'ai horreur de la
DEGRADATION, c'est pour ça que je compte mourir avant d'être vieille et décrépie.

C'est fou, j'aurais jamais pensé que ça se passerait comme ça, que ça finirait comme
ça, il doit y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond dans ma tête, un boulon mal
vissé ou autre, ce n'est pas possible. Et cette histoire de Paris, c'est vraiment lourd
ces problèmes avec les parents, je déteste les parents, que les choses foirent à cause
de nous, ça me fout les nerfs, mais c'est comme ça, au moins c'est de notre faute,
mais alors qu'elles foirent à cause de "forces extérieures", ça c'est quelque chose
que je ne peux vraiment pas supporter, ça me fout en rogne...

Et toi tu fais vraiment chier, mais vraiment, et le pire c'est que c'est de ma faute, je ne
sais pas pourquoi je continue à te défendre aux yeux de tous et aux miens en premier
lieu, c'est complètement stupide et ça n'a aucun sens. Pourtant, il y a une explication
et tu la connais malheureusement aussi bien que moi. Enfin bon, l'AUTOMNE est arrivé
il y a cette lumière si particulière qui lui est propre, avec le ciel pas tout à fait bleu mais
pas gris non plus, et la pierre d'ici et les feuilles mortes, c'est très poétique tout ça.

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