Ligeia

My Blueberry Nights

 

Oublie.

Noir Désir.

 

 

Un petit post vite fait, juste pour dire deux mots sur un film que je suis allée voir toute à l'heure et qui m'a beacoup plu. My Blueberry Nights. D'après ce que j'ai cru comprendre, Jeanne ne partage pas mon enthousiasme, peut-être parce qu'elle n'a pas lu Kerouac. Ca n'a peut-être aucun rapport - j'ai tendance à voir des liens qui n'existent pas - mais c'est vrai qu'il y avait des echos. L'histoire déjà, le voyage, la quête de soi. L'atmosphère générale : les néons criards, c'est une image très capitaliste pour moi, mais je conçois qu'on puisse en être attiré. Maintenant seulement je comprends l'amour de Baudelaire pour la modernité, pour l'artificialité. Il rêvait d'un monde de béton, de métal et d'eau. Plat, lisse, parfait. Notre vision de la modernité a certainement évolué, mais d'un côté cette idée de béton et de métal avance, on y a simplement ajouté le verre et la lumière. Ces lumière colorées, blafârdes, qui clignotent au rythme des pannes de courant, j'adore le grésillement que cela produit. Le film était peuplé de ces lumières, de ces néons, il y en avait partout, de la banlieue new-yorkaise, aux bars glauques de Memphis, aux casinos de Las Vegas, le capitalisme n'a rien épargné. Ceci dit, malgré une certaine fascination que j'éprouve vis-à-vis de ces images, je n'en suis pas encore au point de les considérer belles - quand même - glauque est le mot qui convient le mieux je pense, et en ce moment je suis irrésistiblement attirée par tout ce qui est glauque. C'est le fruit de la désillusion je crois, c'est inévitable pour nous, on est une génération sans rêves et sans aspirations, il ne reste que le souvenir des revendications passées. Un peu comme les Julien Sorel ou les Eugène de Rastignac de la Restauration regrettaient l'Empire napoléonien. Alors ça a débouché sur la crise romantique ; aujourd'hui, ça aboutit à une progressive "glauquisation" du monde et des relations. Bon, je m'éloigne trop de mon topo, il ne me reste qu'un chose à dire : allez voir My Blueberry Nights, ne serait-ce que pour la b.o., les acteurs, ou juste pour faire passer le temps.

 

 

 
 

 

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L'emoi passe...

 

Nantes.

Beirut.


Pourquoi me dis tu que je suis doué pour embobiner les gens? je t'ai
embobiné? c'est ce que tu crois en tout cas.. Je dis ce que tu aimes
entendre c'est sa? je fais en sorte que tu entendes ce qu'il faut et je ment
à longueur de temps.. enfin bref crois ce que tu veux..

Comment c'était ce vers, Les mois passent, l'Emoi passe et... je ne me souviens plus de la fin. Pas important. Il a vraiment le sens des mots Aragon. Un vrai génie. C'en est très différent, mais j'aime autant que Baudelaire - et ça a toujours été le top pour moi.

Tu vois, ce n'est vraiment pas possible... Ca finira par passer tôt ou tard, n'est-ce pas, c'est ce que tout le monde me dit. Et tout compte fait, le temps a montré que j'avais tort de me dresser contre tout le monde, puisque finalement il a eu raison, tout le monde...

 

Bon, tout ça me soule, j'ai pas la tête à ça, je n'ai la tête à rien, mais bon, je vais essayer de faire quelque chose d'un minimum utile même si rien n'est vraiment utile, au fond ça ne sert à rien que je fasse des beaux projets d'avenir doré, je peux être tout ce que je veux matériellement, ça ne m'empêchera pas d'avoir le sentiment d'avoir tout foiré.

C'est peut-être pas autant du gâteau que ça en a l'air...

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Green Eyes


Grey Room.

Damien Rice.

 

 

S'adapter, Jeanne, c'est s'adapter à l'époque à laquelle tu vis, aux gens que tu côtoies, à ce à quoi tu aspires, à l'endroit d'où tu vis, aux moeurs des gens qui t'entourent, etc.

Ce qui est fondamental là-dedans est d'une part de savoir jusqu'où tu es prêt(e) à aller pour réaliser tes rêves ou tes ambitions. Une fois que tu sais ce que tu veux de la vie et que tu connais tes limites, tu peux tout faire. Si tes limites te le permettent du moins. Et d'autre part, d'être prêt(e) à te sacrifier pour atteindre ton objectif. Te sacrifier, dans le sens où toi en tant que tel(le) tu n'as pas d'importance, ce qui compte c'est l'accomplissement de ton but. Or, parfois tu es obligé(e) de faire des choses qui seraient théoriquement contre tes "principes" (Il n'y a pas de principes, il n'y a que des circonstances ; il n'y a pas de lois, il n'y a que des évènements) ou qui ne suivent pas ta personnalité. Et pour l'accomplissement de ton but, il faut passer outre et être capable de modeler ton caractère selon les situations, les gens et les impacts désirés. Si tu penses que tu dois rester comme tu es à tout prix, ce n'est pas la peine d'essayer. Mais je pense sincèrement qu'on n'arrive nulle part comme ça.

Pour prendre un exemple concret, je vais parler de ce que je connais le mieux, c'est-à-dire moi. C'est vrai que l'ambition change en même temps que nous évoluons, mais bon, vu qu'il faut figer ça dans le temps pour que ça aitun semblant de concret, on va rester avec cette histoire de Sciences Po.

Donc, je veux aller à Sciences Po. Paris. Sans le Paris, ce sera une université privée de Rome. Mais gardons le Paris. Je ne suis pas sûre de pouvoir te motiver convenablement cette décision, il y a un peu d'irrationalité là-dedans. Ce n'est pas très grave, l'important c'est que je sache ce que je veux. Et que je connaisse mes limites. Au sens éthique, je n'en ai presque pas. Je ne passerais pas sur le corps de quelqu'un pour y arriver mais le reste ne me pose pas trop de problèmes. Je crois. Du moment que mes parents son disposé à me payer une prépa à plus de deux mille euros plus un aller-retour pour Paris chaque semaine pendant toute l'année de terminale, je me dis peut-être que je leur dois en quelque sorte de réussir. Puis je me le dois à moi aussi de toutes façons. Donc pour revenir à ce que je serai prête à faire pour y arriver, c'est simple : (à part tuer) tout. Tu te souviens le discours de Vautrin sur lequel j'ai fait mon exposé de français, c'est évidemment une coïncidence, je ne crois pas l'avoir écrit sur le front, mais c'est à peu près ma philosophie. Je ne pense pas être quelqu'un de spécialement doué pour quoique ce soit donc, comme je veux réussir, ce qu'il me reste, c'est la corruption. [Il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon  ou s'y faufiler comme une peste.] Ce que je dis là, ce n'est pas que ce que je pourrais employer comme moyen de corruption m'empêcherais de faire des efforts pour y arriver par mes propres capacités, absolument pas, ce serait juste une «aide», un moyen d'être certaine d'obtenir ce que je peux douter obtenir par mon facultés intellectuelles. Et puis autant vaut qu'on se le dise, tant qu'à coucher avec quelqu'un que tu n'aimes pas (parce qu'il faut pas se leurrer, tu vois sûrement ce que je veux dire par là), autant vaut que ça te soit utile d'une manière ou d'une autre.

Ceci dit, je suis ouverte à une éventuelle discussion, mais si c'est pour que tu me balancesà la face des commentaires moralistes et dans le genre "Maria, ce que tu dis c'est horrible, comment peux-tu penser des choses pareilles, je suis choquée" ce n'est pas la peine, de toutes façons ça ne marche pas avec moi, ma mère essaye de me faire sentir un monstre depuis seize ans (de temps en temps ça marche d'ailleurs), mais là non, je sais ce que je veux un point c'est tout et pour moi c'est plus important de réussir ma vie que de m'arrêter devant des simples principes qui ne sont même pas tellement des principes, c'est surtout des trains que tu rates. Et en ce qui me concerne, j'en ai déjà loupé trop. Je ne me résoudrai pas à une vie de médiocrité et ce simplement parce que je n'en aurai pas besoin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Mon idée d'exploités/exploiteurs va assez dans ce sens même si ça ne concerne pas le même sujet, c'est dans le même genre de philosophie j'imagine, mais ce sera pour une autre fois mon poussin, je n'ai plus le temps.

 

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Rien ne bouge.

L'Appartement.

Noir Désir.

 

 

Aujourd'hui dans le tram, il y avait une femme lasse. Elle avait encore une sorte de sourire sur les lèvres, un sourire las.

J'en parle parce qu'elle m'a fait penser à une autre femme que j'avais vue, toujours dans le métro, à Paris.

Ce genre de femme, c'est la vulgarité incarnée. Elle aurait pu être jolie. Elle devait peser dans les cent vingt kilos, elle avait les seins à la hauteur de mes avant-dernières côtes. Une coupe à la Jeanne d'Arc (en rouge). Trois gosses dont la plus grande, une blondinette dans les huit ou neuf ans, avait déjà des gros traits de khôl sous les yeux. C'est triste je trouve.

Dans ses yeux clairs, il y avait la misère. Ca ne se reflètait pas que dans les yeux, tout en elle exhalait une odeur de vieillot, salot, pâlot, récupéré je ne sais où. Elle avait l'air bien fatiguée de la vie cette dame et pourtant elle souriait encore, pour ses enfants j'imagine.

Elle m'a marquée, je ne l'oublierais pas, comme cette clocharde sur le quai près de la gare. Mais c'est une autre histoire et je n'ai pas le temps.

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Les larmes disent ce qui en nous mérite d'être aimé.

 

Heroin.

Lou Reed.

 

 

J'aime bien aujourd'hui.

Il pleut. La flèche de la cathédrale est ensevelie dans le brouillard, ça fait un bel effet, j'adore ce temps. Il y a vraiment une atmosphère nordique, quand je pense au soleil de ma belle Italie ça me fait bizarre. C'est des univers complètement différents, rien ne se ressemble, la lumière, les couleurs, les matières, l'air et pourtant ce n'est pas à l'autre bout du globe.

Moi en tout cas, depuis que j'ai compris que « survivre c'est s'adapter » - et c'est une des premières choses que j'ai comprises - je suis bien partout. Je vis bien dans la chaleur étouffante de la Sicile, où le ciel est bleu comme nullepart ailleurs et où la lumière si aveuglante qu'on voit flou mais en même temps j'adore la pluie incessante de ces longues journées pré-hivernales comme on n'en rêve pas dans le Meridione, la neige et le vent qui fouette le visage et fait couler les larmes.

Ceci dit, je n'essaye pas de mettre un effet poétique dans les mots, je ne suis pas encore trop prétentieuse. Il y a indéniablement beaucoup de poésie dans ce que je décris, mais je ne suis pas capable de la rendre. [il n'y a pas un Baudelaire qui sommeille en chacun de nous] Mais dans le Parrain, le deuxième je crois, on voit très bien cette aride dont je parle et ma fois même si plus d'un demi-siècle est sensé s'être écoule, les choses n'ont pratiquement pas bougé (à part les affreuses serres abandonnées et les cités touristiques qui sillonnent le pays).

 

Je viens de me rappeler d'un film qui est passé à l'Odyssée il n'y a pas très longtemps, Viaggio Segreto il s'appelait, une partie se passait en Sicile et on voyait très bien cette histoire de lumière et de couleurs. Il me semble qu'il n'ait pas eu de très bonnes critiques, mais moi je l'ai bien aimé. Apparemment il ne trouve pas son style ; personnellement je l'ai trouvé captivant. Questione di punti di vista.

 

Je ne sais pas de quels idéaux déracinés j'ai chopé ça, mais j'ai toujours eu un sens assez développé de la Patrie. Et maintenant ça s'évapore peu à peu - Rome est toujours la plus belle ville du monde, l'Italie le plus beau pays de l'univers, le berceau de la civilisation et de l'art, et blablabla et blablabla - il n'en demeure pas moins que la possibilité d'y faire ma vie se fait de plus en plus lointaine. Il y a des succès exigés par l'ambition qu'on ne peut obtenir dans les châteaux romains ou dans les collines arides de la Sicile.

Enfin bon, ce n'est pas très important. Je ferais ma vie un peu par ci un peu par là, dove capita, tout m'intérésse, si j'aurais de l'argent j'irais un peu partout, jusqu'à n'en plus en avoir, et on verra bien où je finirais. Mes cendres en tout cas, mêlées à la poussière quelque part dans un joli coin de Rome, ou à la mer. Mais il y a encore du temps pour ça, pas mal de temps.



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L'Amant, le Vautour et la Charogne.

 

Comic Strip.

Serge Gainsbourg.

 

 

Il y a l'Amant, le Vautour et la Charogne.

Le premier dit au dernier d'aller planter une salade.
Le second dit au premier que s'il n'ouvre pas son parapluie immédiatement il a de fortes chances d'être trempe d'ici à dix-neuf secondes.
Le dernier aimerait dire au second de lui passer son haut de forme et sa canne, mais sa voix ne porte pas au-delà de sa tombe.

Ce qu'il se passe donc, c'est que l'Amant retourne dans le lit de sa maîtresse avec un beau bouquet de catleyas; le Vautour plane dans les grands canyon du Colorado à la recherche d'un petit chacal à emporter à ses petits en guise de repas - c'est pour qu'ils grandissent forts, durs et sans scrupules, le chacal, autrement un lièvre ou un zébu auraient fait l'affaire ; et la Charogne se retourne dans sa tombe parce qu'un type enragé vient de crier "mortacci tua" quelque part dans la banlieue romaine.

Et nous, et nous, on se souvient des jours anciens et on pleure ?
Mais non, pas du tout voyons, plus de larmes, on en a déjà rempli des tonneaux.
Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on plante une salade, on ouvre son parapluie et on cale un haut de forme sur sa tête (pas de canne par contre, on ne boîte pas encore).

La morale de cette histoire, c'est qu'il faut rester à sa place. L'Amant dans le pieu de sa belle, le Vautour dans ses canyons et la Charogne dans sa fosse. Parce qu'autrement on provoque toute une série de dérangements extrêmement dérangeants qu'on pourrait facilement éviter sans se déranger de beaucoup.

Voilà, comme ne disait pas Verlaine, chaque histoire a une morale, même si certaines histoires sont tout-à-fait immorales. Mais qu'importe la morale. Tant qu'on arrive là où on veut sans que notre conscience ne crie trop.

 

 

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A man can be happy with any woman as long as he does not love her.

 

Paranoid.

Megadeth.

 

 

Finished with my woman 'cause she couldn't help me with my mind

People think that I'm insane because I'm frowning all the time

All day long I think of things but nothing seems to satisfy

Think I'll lose my mind if I don't find something to pacify

Can you help me, thought you were my friend

I need someone to show me the things in life that I can't find

I can't see the things that make true happiness, I must be blind

Make a joke and I will sigh and you will laugh and I will cry

Happiness I cannot feel and love to me is so unreal

And so as you hear these words telling you now of my state

I tell you to enjoy life I wish I could but it's too late

 

  

 

Cette chanson, elle est quand même sacrément belle. Ces rythmes endiablés me rappellent pleins de choses, mais pchut, j'ai mis une croix sur tout ça, il n'y a pas de raison que ça stagne, c'est comme une fleuve, il faut que ça s'écoule sinon ça provoque des innondations. Personnellement, j'ai eu droit à mon petit débordement, mais maintenant la digue a été brisée et tout ça et loin derrière. Et moi je suis loin devant.

Les choses reprennent à petit leur cours normal. j'imagine que c'est bien, que c'est comme ça que c'est sensé se passer. On passe une bonne couche de T-pex là-dessus puis on sort avec ses amis, on va au théâtre, on rigole, on n'y pense plus. Avec le temps va, tout s'en va. Sauf que, comme j'utilise beaucoup de T-pex à cause de mon encre noire, je sais qu'à force d'en superposer couche sur couche tout finit par se bousiller, on se retrouve avec un gros pâté gommeux et on n'a plus qu'à arracher la feuille et tout recommencer. Mais il y a des fois où on ne peut pas arracher la feuille. Il y a des fois où ne peut qu'accepter notre Game Over. Je commence à en avoir une belle collection.

 

 

[Tu sais Laure, si jamais tu passes un jour par là, j'ai toujours cette lettre, une ligne en bleu une ligne en  vert jusqu'à ce que le stylo vert ne lâche, ou tu m'expliques avec de gentils mots et de jolis dessins cette histoire de Game Over et de croix. Enfin bon, c'est quand même vieux ça, la septième, la cinquième, ça fait un moment...]

 

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L'inconnue.

Ballad Of The Absent Mare.

Leonard Cohen.

 

 

Elle s'est réveillée ce matin dans mon corps. Elle ne m'a rien dit, pas un mot, mais j'ai compris qui elle était et ce qu'elle voulait. 

Comme je suis morte, je ne peux pas lutter contre elle, je dois suivre sa volonté.

Mais ça tombe plutôt bien parce qu'on veut les mêmes choses sauf qu'en tant que moi, je n'aurais peut-être pas eu la force de les mettre en pratique.

Sa me fait une bonne raison de vivre.

 

I could live a little better with the myths and the lies,
When the darkness broke in, I just broke down and cried.
I could live a little better in a wider line,
When the change is gone, when the urge is gone,
To lose control. When here we come.

 

Paupières en feu, mais il ne faut pas que ça s'échappe. Hier, c'était les dernières.

Pourtant je ne sais pas si je vais pouvoir zapper tout ça. A part le temps objectif passé dessus, il y a toute l'énergie, toutes les larmes, toute l'encre, toutes les pensées que j'y ai dédié, dans ma tête j'étais prête à tout

J'espère que tu ne liras jamais ça j'espère que tu t'en iras pour toujours.

Et pourtant je crois n'avoir jamais eu autant besoin de toi, mais ce n'est pas grave, je ferai sans et je ferai très bien quand même.

 

 

[ A nous deux la vie... ]

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I can't take my mind off You

Green Eyes.

Damien Rice.

 

Avec tout le boulot que j'ai à faire, je trouve encore le temps de perdre une heure sur l'ordi. Je n'aurais pas voulu, mais je le fais parce que... Parce qu'on ne sait jamais. A la limite, j'ai toute la nuit pour bosser s'il faut, j'irai encore me coucher à quatre heures du mat' et j'aurais encore une tête de droguée, mais ce n'est pas grave - on sait pourquoi.

J'ai loupé mon cours d'allemand, ma mère ne s'en est pas encore rendu compte, je n'aurais de toutes façons pas pu y aller, faut que je recopie toutes ces sorties d'histoire des arts. A cause de cet exposé auquel j'ai dédié ma nuit, j'ai la tête pleine du discours de Vautrin, c'est une personnage fascinant, je ne suis pas sûre que le prof m'ait fait changer d'avis avec son beau pamphlet. C'est vraiment que je n'avais jamais vraiment réfléchi à la question ; je ne crois plus trop à la morale à vrai dire - non pas parce que j'ai vu de mes propres yeux des choses qui ne m'ont plus permis d'y croire, le mien est un désenchantement général, puis j'ai fais mon début d'éducation plus dans les bouquins que dans la vie réelle et après les Liaisons Dangereuses, Crime et Chatiment, Lorenzaccio, Bel-Ami et tout le blabla immoral et corrompu, on ne peut plus vraiment croire à la Vertu (en admettant que j'y ai jamais cru, je ne sais pas trop à vrai dire). Des mots, rien que des mots - moi ce que je vois c'est que, concrètement, les gens bons, gentils, altruistes (naïfs, dans la plupart des cas) se font marcher dessus et n'arrivent nulle part. Or, il se trouve que j'ai toujours été (très) ambitieuse - mais pas la même ambition que Rastignac, ce qu'il recherche en quelque sorte je l'ai déjà - et que, sans doute à cause de ce que j'ai lu, dans ma tête la réussite est forcément abinée à un manque de scrupules. Et depuis qu'on a étudié Machiavelli en italien, je me suis tellement retrouvée dans ses propos, j'ai compris le génie qui était derrière ces mots et ressenti la fascination qu'éprouve mon père depuis plus de trente ans vis-à-vis de ce personnage et qui fait qu'il lui a dédié sa vie. Puis il faut dire que, jusqu'ici j'ai surtout été déçue, ce qui a inévitablement apporté un certain désillusionnement et un certain cynisme dans mes propos. Mais bon, sans me plaindre de ce qui a tout l'air d'être ma vie, il y a des choses que je veux bien supporter - un peu parce que je suis convaincue de leur utilité, un peu parce que je me dis que c'est inévitable et un peu parce que s'il y a une chose de moi que je ne supporte qu'on rabaisse, c'est bien mes sentiments (et pourtant, ils n'ont rien de bien exceptionnel)- mais ça ne me m'empêchera pas de réussir ma vie ; je veux bien être ton esclave pour ce qui concerne cette chose-là, mais le reste, je l'aurai tel que je l'entend - c'est-à-dire brillant, s'il y a une chose que j'exècre, c'est bien la médiocrité (je ne doit pas en parler, parfois j'ai peur).

 

Bref, ceci dit, je m'en vais travailler, il y a plein d'examens qui m'attendent bientôt, je ne dois rien laissé passer, ne pas faire partie de "la médiocrité abondante" je ne veux pas avoir à réussir par la corruption (autre chose que j'exècre).

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Il faut entrer dans cette masse d'hommes comme un boulet de canon, ou s'y glisser comme un peste.

 

Sur Le Fil.

Yann Tiersen.

 

 

Étrangement, sensation de paix.
Telle la mer dans les jours sans vent.
Rien ne bouge, tout est immobile.
Et je fais partie de cette immobilité.
Je ne m'empêche pas de penser à lui.
Il contribue bizarrement à mon appaisement.

I'm just a dreamer, but you're just a dream

 

Hier j'ai vu un film pourri avec Audrey Hepburn et Burt Lancaster, c'était vraiment chiant. Puis c'était long, mais long, ça n'en finissait plus. Et ils avaient de ces pires accents américains, jamais entendu un truc pareil, vraiment incompréhensible. Anyway.

  

In the hills of mystery,
In the foggy web of destiny,
You can havewhat's left of me,
Where we were born in time.

 

Je suis à fond dans Bob Dylan, à part quand j'écoute des trucs ultra-déprimants genre Famous Blue Raincoat ou Sur Le Fil c'est fou ce que ça peut vous changer une journée une chanson comme ça...

 

 

 

 

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Sur Le Fil.

Yann Tiersen. 

 

 

Dans la vie, il arrive un moment où tout est mis
en doute ; je suis épuisée, je n'y arriverais
jamais.
Je n'arriverais jamais à réaliser mes
rêves, non qu'ils soient trop ambitieux, je sens
juste que je suis arrivée au bout de mes capacités.
Je n'arriverais jamais à comprendre pourquoi
les choses se sont déroulées de cette horrible
façon, alors que tout aurait pu être parfait.
Je n'arriverais jamais au bout de ma vie sans
regrets, car elle est faite de souvenirs et les
souvenirs comportent toujours des regrets. Je
n'arriverais somme tout à rien - comme la plupart
de l'Humanité - pourtant je suis là, et ne crois
pas vouloir m'en aller. Après m'être longtemps
abondonnée au nihilisme, je me suis rendue compte
du peu de cohérence qu'il avait en moi ; j'ai alors
tenté une approche du stoïcisme, mais, comme toute
entreprise émanant de moi, elle a échoué. Ca m'aurait
bien plus, je me serais sentie un peu plus proche de
toi, mais ça ne me ressemble tellement pas ! Déçue
- de toi comme du reste - j'ai laissé tomber et
suis revenue à mes doutes. Eux au moins, ils sont
bien à moi et ne m'abondonnent pas...

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L'avenir appartient aux Incompris.

 

Wuthering Heights.

Kate Bush. 

 

 

 

Oubli, le bel oubli, inoubliable oubli. 

Ennui, le bel ennui, insupportable ennui. 

 

 


 


Au disparu pourquoi rester fidèle ?

 

Dimanche je vais à Paris voir Courbet et Fragonard.
Je n'aurais jamais le temps de tout faire. A dans
deux semaines ? J'espère que tout ne s'en va pas,
tout ça aurait été inutile - enfin, ça l'est de toute
manière, mais je ne pense pas que ça c'en ira.
Inévitable, non, ce mot n'existe pas dans ma langue
- rien n'est inévitable. Tout au plus improbable
(comme toi).

 

  

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I rode past destruction in the ditches


Huricane.

Bob Dylan.

 

 

Triste journée. Surtout cette lumière. C'est glauque au possible, pire que le métro parisien - et c'est une référence dans le genre ultra glauque, le métro parisien. Finalement je crois qu'on aurait dû y aller à la Java hier soir Jeanne, ça nous aurait peut-être permi de refouler un peu tout ça. J'ai fini La Vie fantasmagoriquement brève et étrange d'Amadeo Modigliani de Velibor Colic (avec des accents sur les deux c que je ne peux pas faire avec mon clavier suisse) ; ce tout petit livre m'a fait naître une fascination pour ce peintre-sculpteur livournais. Je ne regarderai plus jamais ses oeuvres de la même manière. Et, vu qu'on en est toujours au stade Zéro, ça m'a fait venir une idée de sujet pour notre TPE qui serait un truc dans le genre « Comment la consommation de drogues et/ou d'alcool se reflète-t-elle dans les oeuvres d'artistes consommateurs ? » Etant donné qu'il y a des tonnes d'artistes ivrognes/drogués (voire même les deux il y a pas mal de trucs à dire là-dessus puis tant qu'à parler d'érotisme ou de folie, autant vaut parler d'opium et de marijuana. Faudra que j'en parle aux filles.

Sinon je continue à écouter Bob Dylan en boucle-boucle-boucle, je lis Le Père Goriot à une vitesse bien supérieure à ma vitesse V(habituelle) - et je lis déjà vite - mais là j'aime, j'aime, j'aime, qu'est-ce qui leur a pris de ne me jamais faire lire Balzac avant ; c'est comme ceux qui n'ont jamais manger de Mont-Blanc / Vermicelle / Torche-Marron au plaisir, moi je garde mon petit mot à moi et personne ne sait jamais de quoi je parle (le premier) mais qui me parait bien plus joli et poétique avant seize ans (quinze, pardon mon amour). Il y a des choses qui ne doivent pas attendre si longtemps - idem pour Kerouac - les choses qui t'apprennent la vie (enfin, ça ne vaut peut-être pas pour un Mont-Blanc mais bon, ça fait partie de la culture gastronomique on va dire). Mais d'un côté c'est vrai que je ne pourrais pas faire lire On The Road ou les Liaisons Dangereuses à ma soeur, il faut qu'elle garde un minimum d'innocence, elle la perdra bien assez vite de toute manière, pas la peine d'anticiper. Du coup, on dirait que tout mon discours tombe à l'eau... Enfin non, c'est juste qu'on plonge dans ce « tout est relatif / tout dépend » dont j'ai horreur.

Enfin bon, je vais aller manger parce que c'est prêt et que je crève de faim.

 

 

 

Nancy Cunard (à cause de qui on a failli perdre Aragon) par Man Ray

 

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I guess that I miss You, I guess I forgive You

 

Changing Of The Guards.

Bob Dylan.

 

 

Revenue de Paris. C'était sympa ce petit voyage, on s'est bien amusé je crois, malgré quelques (inévitables) petites prises de tête. Et même si on n'a carrément pas eu le temps de faire tout ce qu'on voulait, on a quand même fait pas mal de choses et comme là je suis de plutôt bonne humeur - Bob Dylan - j'ai tendance à voir les aspects positifs plus que ceux négatifs.

Dur retour à la réalité. Je découvre avec horreur la masse de choses que j'ai à faire (et je veux aller à Paris, Sciences Po, même pas dire que je suis prête à me contenter d'une médiocrité écrasante)mais bon, se plaindre ne sert à rien et je n'aime pas ça.

Ca fait trois jours, je crois, que je vis avec ce sourire imbécile imprimé sur la face - zappons quelques torrents lacrimaux, la fonte des neiges est encore loin - pourtant il n'y a vraiment pas de raison : je devrais être plus fâchée que contente, et c'est effectivement le cas, mais ça ne m'empêche pas d'être contente. Et je me flatte d'être quelqu'un de lucide. Mais si, mais si, dans ma tête c'est très lucide, ce sont les mots qui m'embrouillent ; juste les mots [pour celle qu'on n'aurait pas dû laisser tomber] en l'air, sous terre, qui t'enterrent.

Je m'attendais à quelque chose de radicalement différent, à force d'y trop penser on vire dans le surnaturellement fantastique je crois. N'empêche que c'était joli, les vaches alanguies dans les prés, les arbres or et rouge, le ciel azur ; à Strasbourg on n'a plus ce temps et la plupart des arbres n'ont déjà plus de feuilles. Et la mer avait une jolie couleur, ça me change de ma Méditérrannée en tout cas. T'aurais quand même pu y mettre tes pieds, l'eau n'était pas si froide que ça, puis tant qu'à être en t-shirt, sale petit orgueuilleux de mes deux, ça ne t'aurais pas fait plus attraper une pneumonnie.

Enfin bon,tout ça n'a pas grand sens, il vaut mieux que j'écoute Bob Dylan et que je me taise (genre je parle), ça faisait longtemps que je n'avas pas une tête de cadavre comme aujourd'huui c'est marrant. Dans la catégorie « vieux souvenirs oubliés », ma soeur a laissé traîner des vieilles feuilles d'il y a quoi, cinq ou six ans, ou je lui faisais "l'Ecole", c'était des tests, notés et signés par les parents, j'étais une vraie dicatrice la pauvre, mais elle a réduit son abysse d'ignorance au moins, donc ça n'a pas été totalement inutile. 

Right, il est temps de mettre les vieux souvenirs oubliés au placard et d'arrêté de regarder le temps filer. A dans une autre vie.

 

 

 

 Tépidarium - Théodore Chassériau

 

Olympia - Edouard Manet 
 
 

 

C'était classe de voir ces tableaux, le Tépidarium pour avoir beaucoup travaillé dessus et l'Olympia parce que je crois que ce n'est qu'après l'avoir vu dans un livre sur l'Impressionisme que j'ai compris tout ce qu'un corps pouvait transmettre comme émotions (et je n'ai aucune tendance homo). Mais je suis obligée de finir sur un Courbet tout ce qui est de plus magnifique, on va loin avec une belle tête (surtout si elle est pleine).

 

 

Le Désespéré - Gustave Courbet

 

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