I can't take my mind off You
Green Eyes.
Damien Rice.
Avec tout le boulot que j'ai à faire, je trouve encore le temps de perdre une heure sur l'ordi. Je n'aurais pas voulu, mais je le fais parce que... Parce qu'on ne sait jamais. A la limite, j'ai toute la nuit pour bosser s'il faut, j'irai encore me coucher à quatre heures du mat' et j'aurais encore une tête de droguée, mais ce n'est pas grave - on sait pourquoi.
J'ai loupé mon cours d'allemand, ma mère ne s'en est pas encore rendu compte, je n'aurais de toutes façons pas pu y aller, faut que je recopie toutes ces sorties d'histoire des arts. A cause de cet exposé auquel j'ai dédié ma nuit, j'ai la tête pleine du discours de Vautrin, c'est une personnage fascinant, je ne suis pas sûre que le prof m'ait fait changer d'avis avec son beau pamphlet. C'est vraiment que je n'avais jamais vraiment réfléchi à la question ; je ne crois plus trop à la morale à vrai dire - non pas parce que j'ai vu de mes propres yeux des choses qui ne m'ont plus permis d'y croire, le mien est un désenchantement général, puis j'ai fais mon début d'éducation plus dans les bouquins que dans la vie réelle et après les Liaisons Dangereuses, Crime et Chatiment, Lorenzaccio, Bel-Ami et tout le blabla immoral et corrompu, on ne peut plus vraiment croire à la Vertu (en admettant que j'y ai jamais cru, je ne sais pas trop à vrai dire). Des mots, rien que des mots - moi ce que je vois c'est que, concrètement, les gens bons, gentils, altruistes (naïfs, dans la plupart des cas) se font marcher dessus et n'arrivent nulle part. Or, il se trouve que j'ai toujours été (très) ambitieuse - mais pas la même ambition que Rastignac, ce qu'il recherche en quelque sorte je l'ai déjà - et que, sans doute à cause de ce que j'ai lu, dans ma tête la réussite est forcément abinée à un manque de scrupules. Et depuis qu'on a étudié Machiavelli en italien, je me suis tellement retrouvée dans ses propos, j'ai compris le génie qui était derrière ces mots et ressenti la fascination qu'éprouve mon père depuis plus de trente ans vis-à-vis de ce personnage et qui fait qu'il lui a dédié sa vie. Puis il faut dire que, jusqu'ici j'ai surtout été déçue, ce qui a inévitablement apporté un certain désillusionnement et un certain cynisme dans mes propos. Mais bon, sans me plaindre de ce qui a tout l'air d'être ma vie, il y a des choses que je veux bien supporter - un peu parce que je suis convaincue de leur utilité, un peu parce que je me dis que c'est inévitable et un peu parce que s'il y a une chose de moi que je ne supporte qu'on rabaisse, c'est bien mes sentiments (et pourtant, ils n'ont rien de bien exceptionnel)- mais ça ne me m'empêchera pas de réussir ma vie ; je veux bien être ton esclave pour ce qui concerne cette chose-là, mais le reste, je l'aurai tel que je l'entend - c'est-à-dire brillant, s'il y a une chose que j'exècre, c'est bien la médiocrité (je ne doit pas en parler, parfois j'ai peur).
Bref, ceci dit, je m'en vais travailler, il y a plein d'examens qui m'attendent bientôt, je ne dois rien laissé passer, ne pas faire partie de "la médiocrité abondante" je ne veux pas avoir à réussir par la corruption (autre chose que j'exècre).
Par ligeia, Mardi 13 Novembre 2007 à 21:57 GMT+2 dans Délires d'une Inconsciente (article, RSS)



