L'Amant, le Vautour et la Charogne.
Comic Strip.
Serge Gainsbourg.
Il y a l'Amant, le Vautour et la Charogne.
Le premier dit au dernier d'aller planter une salade.
Le second dit au premier que s'il n'ouvre pas son parapluie immédiatement il a de fortes chances d'être trempe d'ici à dix-neuf secondes.
Le dernier aimerait dire au second de lui passer son haut de forme et sa canne, mais sa voix ne porte pas au-delà de sa tombe.
Ce qu'il se passe donc, c'est que l'Amant retourne dans le lit de sa maîtresse avec un beau bouquet de catleyas; le Vautour plane dans les grands canyon du Colorado à la recherche d'un petit chacal à emporter à ses petits en guise de repas - c'est pour qu'ils grandissent forts, durs et sans scrupules, le chacal, autrement un lièvre ou un zébu auraient fait l'affaire ; et la Charogne se retourne dans sa tombe parce qu'un type enragé vient de crier "mortacci tua" quelque part dans la banlieue romaine.
Et nous, et nous, on se souvient des jours anciens et on pleure ?
Mais non, pas du tout voyons, plus de larmes, on en a déjà rempli des tonneaux.
Nous, ce qu'on fait, c'est qu'on plante une salade, on ouvre son parapluie et on cale un haut de forme sur sa tête (pas de canne par contre, on ne boîte pas encore).
La morale de cette histoire, c'est qu'il faut rester à sa place. L'Amant dans le pieu de sa belle, le Vautour dans ses canyons et la Charogne dans sa fosse. Parce qu'autrement on provoque toute une série de dérangements extrêmement dérangeants qu'on pourrait facilement éviter sans se déranger de beaucoup.
Voilà, comme ne disait pas Verlaine, chaque histoire a une morale, même si certaines histoires sont tout-à-fait immorales. Mais qu'importe la morale. Tant qu'on arrive là où on veut sans que notre conscience ne crie trop.
Par ligeia, Jeudi 22 Novembre 2007 à 21:57 GMT+2 dans Délires d'une Inconsciente (article, RSS)



