Ligeia

Lorsque je connaîtrai ton âme, je peindrai tes yeux.

 

Into The White.

Pixies.

 

 

Bovarysme assidu. Et pourtant, je n'y crois plus.

Regardé un très beau film sur Amedeo Modigliani cet après-midi, avec Andy Garcia et Elsa Zylberstein.
Ce peintre, il est vraiment classe, j'aime beaucoup ce qu'il fait.
Et puis sa vie - faut bien le dire - c'est un cas.
Un enième exemple d'Only The Good Die Young, malheureusement...

Le passé est assaillant.
S'il existait des médicaments pour ne pas penser, j'en prendrais bien
.
Pas bien compliqué en fait, suffit de 'tuer une bouteille de vodka' ou  fumer, sniffer, s'injecter ; c'est sûrement efficace.
Mais je ne sais pas si c'est une très bonne idée.
Je n'ai pas besoin de ça au fond.
Puis quand je vois les effets que ça produit, je trouve ça tellement déplorable que l'envie me passe.
Et de toute façon ce n'est pas une solution, pas à long terme, tu mets juste tes problèmes de côté mais ils restent là, et ils finissent toujours par revenir (au mauvais moment qui plus est).
Or ce qu'il faut, c'est une solution sur le long terme.
L'efficacité.
Pas au coin d'la rue...

J'ai appris que Cendrars et Modigliani étaient amis.
C'est fou, plus on sait de choses plus on se rend compte de tous les liens qu'il y a entre des trucs (ou des personnes) qui à première vue n'avaient pas de raison d'en avoir.
(Waou, elle en fait des découvertes la petite Maria..)

 

Ne pas avoir la tête à ça
N'avoir la tête à rien
Avoir envie de fumer
Aller se faire un thé
Et lire toute la nuit pour finir un satané bouquin
Puis arriver en cours avec une tête de tox'
Dire que c'est normal, on avait mieux à faire
Mais il pleut sur les joues
Et les traces restent

 

 

Jeanne - Amedeo Modigliani 

 

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Le Nuage En Pantalon.

Say It Ain't So Joe.

Murray Head.

 

 

 

IV

 

Maria ! Maria ! Maria !
Ouvre-moi ta porte !
Je ne peux pas rester dans la rue.
Tu ne veux pas ?
Tu attends
que mes joues s'affaissent en fosses
et que, goûté par tous,
fadasse
- je vienne,
édenté, marmotter
que je suis aujourd'hui
"étonnant honnête".

Maria
tu vois -
j'ai déjà commencé à me voûter.

Dans les rues,
les gens percent le gras de goitre à quatre rangs.
Ils font de petits yeux,
usés qu'ils sont par la frottée de quarante ans, -
et eux de ricaner
devant mes dents
où reste encore
le pain rassis des caresses d'hier.

La pluie pleure sur les trottoirs.
Un filou, trempé, coincé par les flaques,
lèche le cadavre des rues lynché par le pavé.
Mais sur ses cils gris -
oui !
sur ces cils, stalactites de glace
des larmes coulent de ses yeux -
oui !
des yeux baissés des tuyaux de descente.

La gueule de la pluis a sucé la piétaille.
En fiacre un athlète se lustre au gras d'un autre athlète.
Les gens éclataient,
bourrés de victuailles,
et le lard suintait par tous leurs pores.
Dans le flot trouble des voitures s'écoulait
un petit pain sucé à côté
de mâchis de vieilles côtelettes.

Maria !

Mais comment glisser un mot doux dans l'oreille engraissé ?
L'oiseau
vit de chansons,
il gazouille,
affamé et sonore.
Mais moi, je suis un homme, Maria,
rien qu'un homme,
que la nuit phtisique a craché dans la main sale de Presnia.
Maria, me veux-tu ainsi ?
Fais-moi entrer, Maria !
Mes doigts crispés écrasent la gorge de fer de ta sonnette !

Maria !

Les rues de bêtes sont hantées.
Les doigts de la foule au cou m'écorchent la peau.

Ouvre !
Je souffre !

Tu vois -- on a planté
dans mes yeux des épingles à chapeau.

Elle a ouvert.

Enfant !
n'aie pas peur
si s'accroche à mon cou de taurillon
l'humide poids de femmes aux ventres en sueur.
C'est qu'à travers la vieje hâle
des millions d'amours pures et colossales
et de milliers de millions d'amourettes sales.
Ne crains pas,
qu'à nouveau
un jour sombre de trahison,
je m'attache aux mille visages jolis
"de celles qui ont aimé Maïakovski".
Sache que c'est la dynastie
des reines avenues dans un coeur en folie.

Maria, près de moi !

Sans pudeur dévêtue,
dans un frisson d'émoi,
le charme non éclos de tes lèvres, donne-le moi.
Mon coeur et moi n'avons jamais atteint le mois de mai.
Et dans la vie totalement vécue
à peine est-il un centième d'avril.

Maria, donne-le-moi !

Maria !
Le poète chante des sonnets à Tiano,
mais moi -
tout de viande,
homme totalement -
ton corps simplement te demande,
commen demandent les chrétiens
"donnes-nous aujourd'hui
notre pain quotidien".

Maria !
J'ai peur d'oublier ton nom,
comme le poète a peur
d'oublier
quelque mot enfanté dans les nuits de douleurs,
mot égal à dieu en grandeur.

Ton corps,
j'en prendrai soin et l'aimerai,
comme un soldat,
émondé par la guerre,
inutile,
solitaire,
prend soin de son unique jambe.
Maria -
tu ne veux pas ?
Tu ne veux pas !

Ah !

ça veut dire qu'encore,
sombre et morne,
je prendrai mon coeur
inondé de larmes
pour le porter
ainsi qu'un chien
porte à sa niche
sa patte écrasée par un train.


[...]

 

Le Nuage En Pantalon - Vladimir Maïakovski 

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Happiness Only Real When Shared.

 

Hard Sun.

Eddie Vedder.

 

 

 

 

 

 

Ce film sort le 9 janvier et à mon avis il vaut largement la peine qu'on se traîne jusqu'au cinéma le plus proche pour aller le voir (moi j'ai même couru pour pas manquer le début, ha ha la salle était pleine à craquer, jamais vu ça de ma vie, on voit ça que dans les vieux films où on voit un gros nuage de fumée au-dessus des spectateurs).

Y a plein de bonnes raisons de le voir, un peu pour l'histoire (vraie), un peu pour les très belles images, un peu pour le personnage, et l'acteur aussi^^, un peu pour la bande son d'Eddie Vedder qui est vraiment très belle, un peu pour l'esprit Beat du film, un peu parce qu'on vit une minuscule fraction d'expérience par procuration, un peu parce que ça rêver...

Deux heures et demie c'est long mais personnellement je n'ai pas vu le temps passer. Je l'ai trouvé vraiment génial ce film, ce n'est pas le cas de ma mère par contre, je ne sais pas si c'est une question d'âge ou de caractère (mais il paraît que je suis sa réincarnation - même si elle n'est pas morte..), en même temps c'est vrai qu'elle a trouvé Kerouac chiant à mourir alors forcément ça ne pouvait pas lui plaire... Fou intégraliste mystique de la nature, n'est- ce pas mignon comme définition ? Cela dit, c'était juste pour dire que ça peut ne pas plaire, on s'en fout de ma mère (de moi aussi, d'accord, mais bon on va faire comme si ce n'était pas le cas.

 

« I read somewhere, how important it is in life to not necessarily be strong but to feel strong, to measure yourself at least once. »

 

 

 

http://www.intothewild.com/

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Wild Child

Wild Child.

W. A. S. P.

 

 

I'm a wild child, come and love me I want you

My heart's in exile I need you to touch me

Cause I want what you do... I want you

 

 

 

 


[Je n'y pense plus !]

 

 

[ou l'art de se faire chier] 

 

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Eclats.

Cinder Alley.

16 Horsepower.

 


Premier Noel sans Elle.

Au lieu de nous retrouver tous les sept autour de la table ronde, dans le grand salon, on se retrouve à six autour d'une table ovale, dans une salle à manger à l'autre bout de Rome. La table ronde est dans ma chambre à moi maintenant. Elle est complètement hors de son cadre.

Premier Noël où une voix rauque et grincheuse ne crie mon nom pas toutes les trois minutes. Monte-moi le store. Change l'eau de mon bocal. Ouvre la fenêtre. Baisse le volume de la télé. Ferme la fenêtre. Apporte-moi mes pantoufles. Ca m'a toujours fait très chier. Quand va-t-elle finir par se taire, la vieille ?

Elle s'est tue. C'est sur. Mais là tout d'un coup je regrette. Finalement je l'aimais bien sa voix grincheuse. J'aimais bien son chapeau de paille noir et blanc. J'aimais bien sa façon de toujours se plaindre à propos de tout. J'aimais bien qu'elle ne mange pas les tortellini in brodo le vingt-cinq midi parce qu'il y avait trop de sel.

C'est affreux de dire ça, je trouve ça affreux, mais il y a des choses qui nous font chier toute notre vie et juste quand on ne les a plus, quand on ne peut plus les avoir, on se rend compte que c'était bien qu'elles nous fassent chier, que c'était comme ça que ça devait etre.

Maintenant elle ne me fait plus chier, c'est sur, mais Elle est morte.

 

 

 

Et en fait je trouve ça aussi horrible d'écrire à propos de ça, de relire ce que j'ai écris, de chercher des fautes d'orthographe, de changer quelques mots, d'essayer d'améliorer le tout pour que ce soit plus esthétique, comme si c'était une histoire que je racontais. Alors qu'Elle est morte, bordel de merde. Mais bon, j'imagine que ça va avec le reste, quand c'est arrivé je ne pensais qu'à baiser, alors ça ne m'étonne plus...

La première fois qu'on m'a dit ça à propos de quelqu'un que je connaissais, j'ai cru que j'allais devenir folle. J'ai passé toute la nuit à pleurer et à parler toute seule. A vrai dire, je ne comprenais pas ce que ça voulait dire. Je me répétais morte. morte. morte. Puis j'ai commencé à me dire qu'elle ne verrait plus le soleil, qu'elle ne sentirait plus le vent sur sa peau, qu'elle ne pourrait plus tenir ses filles sur ses genoux. Et là ça a commencé à devenir plus clair. J'ai trouvé ça horrible. Je me suis mise à déchirer mon drap. Sa n'avait aucun sens, aucun rapport, mais je n'étais plus complètement en moi.

Et là aussi j'en parle mais je ne devrais pas, mettre des mots banalise les choses, on s'en tire avec un elle est morte comme si on avait dit elle est allée chez le dentiste, c'est horrible, je ne dirai plus jamais ça. [En meme temps, elle est morte c'est déjà moins hypocrite qu'elle est décédée, mais ça ne reste qu'un misérable mot alors que toute l'existence d'une personne s'est brisée en éclats]

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S'attacher au vide

Holding On To You.

Damien Saez.

 

 

Rome.

On se remplit au restaurant, puis on se vide sur le papier.
Il n'y a pas beaucoup d'émotions, le trop-plein est surtout matériel.
Nous les écorchés, on en a des sévices_
Ne faisant pas grand chose de notre temps, on le passe à repenser à de vieilles choses
(C'est donc une manie que de vouloir tout remplir...)
Vieilles choses, sévices ?
Comment ne pas penser ? Le temps est vide, la vie est vide
Au pays de l'espoir, il n'y a pas d'hiver_
Si j'avais la possibilité d'oublier certaines choses, je me demande celles que je choisirais.
Quels mots.
Ce dont je me souviens le mieux.
Il y en a tellement...

 


Si par hasard quelqu'un passant par ici pouvait me donner une astuce pour apprendre à ne pas s'attacher, ce serait très gentil. On devrait nous apprendre ça à l'époque. Le discours de Vautrin par coeur (pas ces vieux poème genre Ainsi de Maurice Careme pour la fete des mères...), les "lois cachées de la société", comment ne pas s'attacher, comment cacher ses émotions, comment mentir de façon crédible, rester impassible. Ca c'est des choses qu'il faut connaitre dans la vie, qui te changent de A à Z ton existence, pas un vieux théoreme de Pythagore & Cie ou la formule de Descartes sur la réfraction (le truc avec des N1 et N2 et des z et des y).

 


Si un jour je suis ministre de l'éducation, je vous promets qu'on apprendra des choses vraiment utiles dans la vie à vos enfants (ce ne seront pas des anges, mais les anges réussissent-ils dans la vie ?).

 

 

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You can have what's left of me

 

The Passenger.

Iggy Pop.

 

 

Le temps passe, les mois passent, l'émoi passe et moi, je suis loin d'être toujours la même. Je croyais que Charles et moi c'était une histoire pour la vie ; je croyais que mon amour pour Charles était aussi inébranlable que celui de Heathcliff pour Catherine, que rien n'aurait pu le détourner, le plier, le briser. Mais il a suffit qu'elle m'écrive, qu'elle fasse naître le soupçon en moi - bien qu'il y fut déjà en partie - qu'elle me balance la vérité en face, alors que je l'avais devant les yeux depuis trois ans, pour que tout s'écroule. J'ai d'abord cru que je ne m'en remettrais jamais, que je continuerais à chercher Charles dans les yeux des autres hommes, ou dans leur sourire. J'avais peur de passer toute ma vie avec son ombre flottant au-dessus de ma tête, écrasante, oppressante, son reflet dans les yeux, sa voix dans l'oreille. Puis j'ai passé une soirée avec quelqu'un qui m'a fait complètement oublier que Charles existait et j'ai compris que Charles n'était qu'un nom, un nom comme les autres, un nom qu'on croit connaître et qu'on fini par oublier - comme tant d'autres. Du coup j'en parle en disant « Charles » et non « il » parce que mon Il est mort et qu'un autre est peut-être en train de renaître à sa place.

 

Bien sûr, si j'avais eu le choix les choses ne se seraient pas passées comme ça, mais cette expérience me fera du moins aller de l'avant, j'ai pris conscience de l'impossibilité de certaines choses et du faux de certaines autres - je ne m' tromperai pas une deuxième fois. Je pensais que sans Charles ma vie serait vide, mais je n'ai plus le temps d'y penser. Je pensais que s'il n'était pas là les choses n'auraient plus de sens, que les tuiles n'auraient plus de goût. Mais je remarque avec joie que ce n'est pas le cas, je vis pour d'autres choses - bien plus importantes, par ailleurs - et les tuiles d'Adèle sont toujours aussi bonnes. Simplement, j'ai été déçue comme je ne pensais pas que c'était possible.

 

 

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Ai giudizi degli altri non fa neanche una piega

Vita Spericolata.

Vasco Rossi.

 

 

Cette fois je m'attendais à ce que ça soit différent [je ne sais pas pourquoi] mais je crois que j'avais pas mal de plans là-dessus. Que ça finisse dans la boue comme toutes les autres fois ça m'a vraiment déçue...

 

 

Il faudrait que j'arrête de m'attendre à quelque chose, il n'y a vraiment pas de raisons... 

 

 

(Parce que je suis quand même un peu nostalgique...)

 

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"Vous savez, ça n'a pas d'importance qu'elle se soit servie de moi ; je l'aimais cette femme..."

 

Nantes.

Beirut.

 

 

Parfois vous vous réveillez la nuit.

Vous étiez tranquillement en train de rêver de choses et d'autre lorsqu'une image ou des mots de la non-réalité envahissent votre rêve, et ça vous réveille. Vous vous rappellez ce qui a été dit, ce que vous avez pensé à ce moment-là, les images qui vous sont venues à l'esprit quand vous l'avez entendu. Même si c'était il y a trois, six, dix-huit, trente-quatre mois. Tout est aussi limpide dans votre tête que si ça avait été hier.

Alors vous vous demandez pourquoi votre inconscient a choisi de se rappeler de ces choses-ci au lieu d'autres, pourquoi ces mots-ci vous ont marqués alors qu'il y en a eu tant d'autres.

Est-ce que ça n'aurait pas été plus facile s'il n'avait rien retenu, si les mots étaient partis les uns après les autres, juste après avoir été prononcés ou entendus?

Est-ce que ça ne vous aurait pas évité ces nuits d'insomnie?

Vous pensez que oui. L'homme sans mémoire et sans conscience est heureux. Mais l'homme qui se souvient et qui est lucide est-il pour autant condamné à être malheureux?

Vous avez longtemps pensé que oui. Maintenant vous ne savez plus.

Cela a-t-il vraiment un sens de vouloir le savoir? N'est-ce pas inutile puisque vous vous souvenez et que vous êtes lucide?

On vous a tellement répété que ça finira bien par passer, que le temps guérit les blessures, qu'avec le temps va, tout s'en va, que vous avez fini par y croire. Mais si ce n'était pas le cas? Cela vous terrorise, l'idée que ça n'est pas vrai, qu'avec le temps tout ne s'en va pas, que certaines choses restent, que certains abîmes ne se referment pas.

Y a-t-il d'autres solutions que d'attendre patiemment et voir ce qu'il se passera?

Cela vous paraît difficile, mais vous savez qu'il y en a une. Recoudre soi-même les blessures. Bien sûr, comme vous n'êtes pas médecin le résultat n'est pas garanti et il se pourrait que la souture ne tiennent pas. Et puis vous vous doutez que la douleur est forte, qu'il faut du cran. Mais vous êtes prêt. Vous avez déjà sorti une aiguille et des fils. Deux, pour que la souture soit plus résistante. Ils vous paraissent plutôt courts, vous ne savez pas s'ils suffiront à recoudre entièrement la déchirure. Un fil de dreads, un fil d'yeux verts. Vous verrez bien ou ils vous mèneront.

Vous fermez les yeux très forts, vous avalez un grand bol d'air (vicié, l'air est vicié) et vous enfoncez doucement l'aiguille dans votre cher. L'epiderme fait résistance, son élasticité vous exaspère. Soudain une image vous assaillit, encore elle, toujours la même, vous n'avez pas vu la scène, mais la description en focalisation interne qu'on vous en a faite vous permet de la voir aujourd'hui, deux ans et demi après qu'elle a eu lieu. Quelque chose coule le long de votre corps. Vous ouvrez les yeux : du sang. Vous vous êtes piqué, douloureuse image.

Cela suffit pour l'instant, vous n'avez pas le coeur a retranspercé votre chair. Vous essayerez à nouveau ce soir, vous serez sans doute dans les bonnes condition pour vous y mettre pour de vrai. Et l'image ne pourra pas vous assaillir cette fois, car vous serez loin, très loin, dans un autre monde où il n'y a pas de place pour elle.

 

 

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My Blueberry Nights

 

Oublie.

Noir Désir.

 

 

Un petit post vite fait, juste pour dire deux mots sur un film que je suis allée voir toute à l'heure et qui m'a beacoup plu. My Blueberry Nights. D'après ce que j'ai cru comprendre, Jeanne ne partage pas mon enthousiasme, peut-être parce qu'elle n'a pas lu Kerouac. Ca n'a peut-être aucun rapport - j'ai tendance à voir des liens qui n'existent pas - mais c'est vrai qu'il y avait des echos. L'histoire déjà, le voyage, la quête de soi. L'atmosphère générale : les néons criards, c'est une image très capitaliste pour moi, mais je conçois qu'on puisse en être attiré. Maintenant seulement je comprends l'amour de Baudelaire pour la modernité, pour l'artificialité. Il rêvait d'un monde de béton, de métal et d'eau. Plat, lisse, parfait. Notre vision de la modernité a certainement évolué, mais d'un côté cette idée de béton et de métal avance, on y a simplement ajouté le verre et la lumière. Ces lumière colorées, blafârdes, qui clignotent au rythme des pannes de courant, j'adore le grésillement que cela produit. Le film était peuplé de ces lumières, de ces néons, il y en avait partout, de la banlieue new-yorkaise, aux bars glauques de Memphis, aux casinos de Las Vegas, le capitalisme n'a rien épargné. Ceci dit, malgré une certaine fascination que j'éprouve vis-à-vis de ces images, je n'en suis pas encore au point de les considérer belles - quand même - glauque est le mot qui convient le mieux je pense, et en ce moment je suis irrésistiblement attirée par tout ce qui est glauque. C'est le fruit de la désillusion je crois, c'est inévitable pour nous, on est une génération sans rêves et sans aspirations, il ne reste que le souvenir des revendications passées. Un peu comme les Julien Sorel ou les Eugène de Rastignac de la Restauration regrettaient l'Empire napoléonien. Alors ça a débouché sur la crise romantique ; aujourd'hui, ça aboutit à une progressive "glauquisation" du monde et des relations. Bon, je m'éloigne trop de mon topo, il ne me reste qu'un chose à dire : allez voir My Blueberry Nights, ne serait-ce que pour la b.o., les acteurs, ou juste pour faire passer le temps.

 

 

 
 

 

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