Ligeia

L'homme est un animal sociable (Aristote)

< Cocaine Carolina - Johnny Cash >

 

 Et voilà, tout est passé, encore une fois, on en revient à cette normalité.

Il faut écouter le Silence paraît-il, dommage que l'on soit entouré de bruit de tous les côtés. A la montagne. Ou a la Mer. C'est les seuls endroits où je sois allée absolument seule et où il n'y avait pas un bruit. Juste le va-et-vient des vagues, mais je ne considère pas ça comme un bruit, c'est de la musique...

Paris, capitale du Vice, quelle belle représentation d'une ville, malheureusement le dix-neuvième siècle est désormais révolu, on loupe pleins de belles choses. Des puits à côtés des fosses d'aisances, de la poudre de crottes de chien vendue comme poivre, des putes à l'abattoir qui abattent la libido des garçons bouchers - je ne me souviens plus de tout, mais bon, avec ça on se fait déjà une petite idée du tableau. C'est le revers de la médaille, n'est-ce pas, pourtant en y réfléchissant on trouve des choses parfaitement analogues de nos jours, peut-être pas dans nos pays occidentaux, mais la misère est partout, je ne serais pas étonnée d'apprendre qu'il y a de telles pratiques dans d'autres coins du monde.

On a étudié l'origine du capitalisme ce matin, sacrément intéréssant tout ça, mais quelle erreure ! C'est assez épatant d'entendre ce genre de choses en bouche à des hommes du duix-huitième siècle, je ne m'y serais pas attendue, mais bon, l'histoire se répète, on n'a absolument rien inventé... C'est une question que je me suis posée plusieurs fois, ce qu'il faudrait faire pour transgresser les règles aujourd'hui, il y a tellement de libertés sur tout (sauf sur le plus important...) que c'est difficile. On pense souvent aux hippies comme libérateurs des contraintes sociales, pratiquants du libre amour et consommateur de toutes sortes de choses, et ça nous paraît "trash" alors que trois siècles avant eux il y a eu Casanova et les Liaisons dangereuses, que Baudelaire (et bien d'autre encore moins connus) s'est niqué à l'Oppium, que Marco Polo est allé en Chine à pieds - finalement, Kerouac n'a rien inventé non plus, Machiavel a raison, l'histoire se répète, se répète, se répète...

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Tant pis si le bateau des étoiles chavire Puisqu'il porte ton nom

< Peu Importe - Babylon Circus >

 

___Je me demande toujours comment on fait à en vouloir à quelqu'un. J'en veux à la plus part du monde pour des raisons très futiles, mais il y a des gens que je suis absolument incapable de ne pas pardonner, peu importe ce qu'elles ont fait. Je dirais même qu'elles sont pardonnées d'avance pour tout ce qu'elles pourraient faire. As long as you are in my presence you are forgiven, comme dit Elizabeth I dans son film. On va faire semblant de ne pas avoir remarqué la légère et oh combien insignifiante ! petite nuance, il vaut mieux je crois. Ouh, je ne croyais pas être jalouse comme sa, c'est assez exaspérant. Et dire que je croyais être au-dessus de ça, c'est fou comme la plus simple connerie suffit à faire évanouir des années de travail et toutes nos (les miennes du moins) certitudes. En fait j'ai même arrêté de les appeler comme ça, CERTITUDES, ça ne leur correspond tellement pas... C'est très énervant, j'espèrais pouvoir continuer à croire en "ça" au moins, mais en fait non, on ne peut pas croire en quelque chose qui n'est jamais pareil. Comment elle a pu dire une chose pareille d'ailleurs, pareils, je pensais quand même qu'elle le connaissait mieux que ça. Ou alors elle ne me connait pas du tout, moi. Même moi (et pourtant...) je n'ai jamais imaginé un truc aussi gros - c'est en grotesque.

___Enfin bon, étant donné qu'en ce moment je suis Nihiliste au plus profond - ah oui ça fait con n'est-ce pas, et bien allez déjà savoir ce que c'est ; Dostoevskij a beau le critiquer, il y a des choses qui font qu'en certains moments de notre vie, on ne peut tout simplement plus croire en rien - je vais arrêter d'écrire puisque ça ne sert à rien. Tout ce qu'il n'est pas totalement inutile de dire, c'est que, malgré le fait qu'il était communiste et qu'il y a ce nom partout (mais je m'y fais, au fond je n'ai pas vraiment de raisons de lui en vouloir, on est bien comme on est maintenant, les autres solutions n'auraient été que pire),  je suis tombée amoureuse d'Aragon. Mais un Louis ne valant pas un Charles, j'aime quand même mieux Baudelaire, c'est le nec plus ultra (j'ai finalement arrêté de m'emmêler les pattes dans mon latin).

___J'espère que ta nuit sera tortueuse.

 

 

 

 

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I cannot live without my soul, I cannot live without my life !

< Layla >

 

[ Sur la piste décollent
Les chevaux enragés
S'emballent et puis se collent
Les lèvres empoisonnées
S'unissent les venins
Et nous nous faisons qu'un
Vérité du sacré
T
u me donnes la clé ]

Je viensde comprendre pourquoi j'ai besoin de changer, changer autant que possible, changer tout le temps. Ce n'est pas par simple haine de la routine, ce n'est pas par simple lassitude de ma réalité, c'est parce que j'ai besoin de fuir. Je fuis une existence qui m'empoisonne et ne me satisfait sous aucun angle. En mouvement, la solitude, l'absence et ce grand vide me pèsent moins. L'été rend superficiel. La plage, le soleil, les fringues, les glaces, les pauvres gars qui ne peuvent pas s'empêcher de tourner la tête quand tu passes ça éloigne les idées noires. Forcément. Après, ça n'empêche pas les souvenirs de nous assaillir, de nous hanter, de nous voler sommeil et apétit, ça n'empêche pas la nostalgie de nous accompagner tout au long de la saison chaude, ça n'empêche pas le passé et le peut-être de nous rattrapper et nous pourrir l'existence. [Divagation] Paradoxalement, le fait de m'éloigner physiquement me fait ressentir de façon encore plus vive la distance. Il faudrait pourvoir s'enfuir tout près. S'enfuir de quoi ? De moi ? De toi ? De nous ? De tout ? Ca n'a pas de snes, ce n'est pas cohérent, comme nous... Mais ce n'est pas grave (biensûr que ça l'est), je n'ai plus gût à rien, je ne mange pratiquement pas -à part quand j'ai des pics de faim aiguë- j'entends sans écouter, les gens, le vent, les cloches, la musique, je n'y fais tout bonnement pas attention, je n'arrive plus à me concentrer, il m'est devenu impossible de lire deux phrases de suite sans être assaillie de visions, tout comme il m'est devenu impossible d'écrire plus de deux lignes sans m'arrêter pour penser à... Autre chose.

 

Et plus tard un Ange, entr'ouvrant les portes,
Viendra ranimer, fidèle et joyeux,
Les miroirs ternis et les flammes mortes.

 

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Moravagine

 

 

              [ L'amour est masochiste. Ces cris, ces plaintes, ces douces alarmes, cet état d'angoisse des amants, cet état d'attente, cette souffrance latente, sous-entendue, à peine exprimée, ces mille inquiétudes au sujet de l'absence de l'être aimé, cette fuite du temps, ces susceptibilités, ces sautes d'humeur, ces rêvasseries, ces enfantillages, cette torture morale où la vanité et l'amour-propre sont en jeu, l'honneur, l'éducation, la pudeur, ces hauts et ces bas du tonus nerveux, ces écarts de l'imagination, ce fétichisme, cette précision cruelle des sens qui fouaillaient et qui fouillent, cette chute, cette prostration, cette abdication, cet avilissement, cette perte et cette reprise perpétuelle de la personnalité, ces bégaiements, ces mots, ces phrases, cet emploi du diminutif, cette familiarité, ces hésitations dans les attouchements, ce tremblement épileptique, ces rechutes successives et multipliées, cette passion de plus en plus troublée, orageuse et dont les ravages vont progressant, jusqu'à la complète inhibition, la complète annihilation de l'âme, jusqu'à l'atonie des sens, jusqu'à l'épuisement de la moelle, au vide du cerveau, jusqu'à la sécheresse du cœur, ce besoin d'anéantissement, de destruction, de mutilation, ce besoin d'effusion, d'adoration, de mysticisme, cet inassouvissement qui a recours à l'hyperirritabilité des muqueuses, aux errances du goût, aux désordres vaso-moteurs ou périphériques et qui fait appel à la jalousie et à la vengeance, aux crimes, aux mensonges, aux trahisons, cette idolâtrie, cette mélancolie incurable, cette apathie, cette profonde misère morale, ce doute définitif et navrant, ce désespoir, tous ces stigmates ne sont-ils point les symptômes mêmes de l'amour d'après lesquels on peut diagnostiquer, puis tracer d'une main sûre le tableau clinique du masochisme? ]

 

Blaise Cendrars - Moravagine

 

 

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Why did you betrayred your own heart, Cathy ?

< Babe I'm Gonna Leave You >

 

[ Be with me always - take any form - drive me mad!
Only do not leave me in this abyss, where I cannot find you ! ]

Emily Bronte - Wuthering Heights 

 

Encore vu un Wuthering Heights. Je ne sais pas pourquoi, mais ils n'ont vraiment pas reussi a faire un film a la hauteur du livre, soit les acteurs sont carrement mauvais, soit le realisateur a donne une mauvaise interpretation. Quand je lisais le livre, je pleurais tellement que je devais m'arreter regulierement pour y voir quelque chose, les films m'ont laisse completement indifferente - pas normal. Puis tout le monde voit Heathcliff comme un personnage extremement negatif, un anti-hero meme, c'est peut-etre moi qui suis folle de le voir comme quelqu'un de genial, mais je le trouve absolument fantastique. Passionne, machiavelique (comme quoi, les deux ne sont pas forcement opposes), intelligent, beau, determine - je ne peux pas dire cultive, mais ce n'est pas de sa faute. Et a part cet Heathcliff que j'admire tant, il y a cette relation fascinante entre Heathcliff et Catherine. Je n'ai jamais vraiment compris ce qui les unissait - mais peut-etre qu'Emily Bronte non plus - ca ne se limite pas a l'amour ou a la passion, il y a de la haine aussi, du mepris, beaucoup d'incomprehension, de l'amitie, je ne sais pas en fait, je ne suis personne pour le definir.


Anita Eckberg

 

Tu me fais chier , mon chou, si tu savais.

Il pleut - j'aimerais bien sortir, fumer quelques clopes eventuellement. Mais bientot tout ca sera fini, rentree chez moi ce ne sera plus possible, il faudra que je dorme, je ne tiens pas jusqu'a quatre heures en lisant ou en ecrivant (c'est que ca nique le poignet au bout d'un moment...), et on reviendra aux memes limitations que d'habitude. Mais bon, encore deux ans et je m'envole, Paris, Rome ou Oxford, peu importe, je n'aurais plus de contraintes, plus de limitations, justes quelques obligations, sinon je serai seule (ou pas) face a mon ambition et mes envies, face a une ville inconnue (ou pas), face a la Nuit, aux bouquins aveuglants, au silence fracassant et au Temps qui passe lentement. Ce ne pourra qu'etre mieux - je crois.

La pluie a cesse, ca reprendra surement plus tard, mais ce sera sans moi. Il faut que j'arrete d'y penser. Si elle ne peut pas s'eteindre, elle peut du moins ne pas devenir plus vive - pour autant qu'elle puisse l'etre. Mais il y aura bientot un tournant, ca fait trop longtemps qu'il doit avoir lieu pour etre encore retarde.

You've got me on my knees...

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Torn with Desire, Tortured by Hate

< Layla >

 

[ If all else perished, and he remained, I should still continue to be; and if all else remained, and he were annihilated, the universe would turn to a mighty stranger. I should not seem a part of it.... My love for Heathcliff resembles the eternal rocks beneath-a source of little visible delight, but necessary. Nelly, I am Heathcliff - he's always, always in my mind-not as a pleasure, any more than I am always a pleasure to myself-but as my own being. ]

            Emily Bronte - Wuthering Heights

 

 

 

Je crois n'avoir jamais lu un livre aussi marquant. C'est extraordinaire ce qu'on peut creer avec des mots. Un monde d'Illusions. Puis de Deceptions, des qu'on referme le livre, qu'on regarde autour de soi et qu'on se rend compte que rien n'est comme dans les Livres. Je me suis toujours attendue a trouver mon Heathcliff derriere ma porte, les mains sales, les cheveux ebouriffes, les habits dechires - je ne pouvais que finir par etre decue. Enfin bon, il parait que j'ai toute la vie devant moi et que je dois etre patiente.

C'est peut-etre quelque chose de confine a ou je suis, mais j'ai l'impression que les diners en Angleterre ressemblent fort a des seances de psychanalyse - non que j'y connaisse grand chose... C'est marant de raconter ta vie a des gens que t'as l'impression de connaitre depuis toujours, alors que ca n'est qu'une semaine que tu vis avec qux, qui ont pratiquement remplace tes parents, qui ont deux generations de plus que toi et qui sont pourtant plus jeunes que toi sous certains aspects.

J'ai eu droit a une bouteille de champagne ce soir, tout ca pour un vieil article, "C'est le debut de ta carriere, Maria !", mais bien sur, voyons, ma carriere sera Femme Torn with Desire Tortured by Hate ayant fait de longues etudes, epouse un pauvre type et oublie ses reves. J'aurais au moins la possibilite de reussir, c'est le genre de chose dans lequel je suis tres forte. Malheureusement. Le probleme c'est qu'avec moi les alternatives sont tres reduites : on passe de ca a Sauvage sans culture ayant oublie la faculte de parole et vivant seule dans la lande rocailleuse du Yorkshire (j'exagere un peu) , mais encore, ce n'est qu'un reve de plus que j'oublierai.

Mais la vie separe ceux qui s'aiment tout doucement sans faire de bruit, Et la mer efface sur le sable les pas des amants desunis. Bien triste tout ca,  je ferais mieux d'aller dormir au lieu d'ecouter des trucs deprimants a longueur de journees... Je vous dirai dans cinquante ans (si je serai toujours vivante) ce que j'aurai fait de ma vie - surement pas grand chose, mais nevermind, on fera comme si j'avais quelque chose a raconter...

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[ Can't take my mind off you [

Le Gamin de Paris >

 

Aller, j'ai envie d'ecrire, nevermind si tu lis.


C'est marrant d'etre la, sur un lit anglais, ecoutant la meme musique depuis une semaine, repensant aux conneries que j'ecris, si tu savais, tu rigolerais bien. Autre qu'epaules musclees de marin et sourcils bien dessines, mon Fou, je te montrerais peut-etre quand on sera en colloc' a Paris, tu rigolerais bien... Faudra deja que je sois a la hauteur de mes ambitions... Mais oui, on ne peut pas etre ambitieux et manquer de confiance en soi, et moi je me suis toujours definie ambitieuse.

Je rigole bien toute seule, j'me sens maline... Nevermind, (dieu que j'aime ce mot) the bollocks ! Or not. D'ailleurs je ne sais toujours pas ce que ca veut dire, bollocks, depuis le temps je n'ai jamais pense a chercher. Ah propos, je suis retournee a l'hopital tu sais (oui, c'est con), apres avoir passe la Nuit dehors avec des amis, on a finit par faire des allers-retours dans le tram [triste de n'avoir rien a faire a ce point, je trouve aussi, mais c'est marrant], la tete bien dans le cul, enfin, il etait six heures et on etait dehors depuis dix-huit heures de la veille, tu comprends n'est-ce pas, et on a debarque a Hautepierre, je voulais voir s'il y avait toujours la grenouille mais des infirmieres etaient planquees juste a cote, menacantes, je n'ai pas ose.

- NEVERMIND -

Hier soir et ce matin j'ai vu un film absolument marvellous, Elizabeth I, avec Helen Mirren, Jeremy Irons et Hugh Dancy (a part Jean Sorel et Alain Delon dans le Gattopardo, je n'avais jamais vu d'acteur aussi handsome ! ). Vraiment un film grandiose, j'ai un modele de Reine, je ne serai surement pas a sa hauteur , mais j'essayerai, tu pourras etre fier de moi (est-ce really necessaire, apres tout je suis la Reine, tu ne peux pas contester mon autorite... Enfin si, mais sa te menerait a la trahison comme le pauvre Earl of Essex, et je devrais te decapiter...). Pauvre femme, elle a du etre bien malheureuse. C'est sa les "Grands", ceux qui arrivent a faire de grandes choses et maitriser une vie qui n'est pas a la hauteur de leurs attentes (let's say it like that). Enfin, y a plusieurs sortes de grandeurs..

Je vais arreter de philosopher pour ce soir, il vaut mieux je crois. Waou, Yves Montand, qui aurait jamais cru que je reecouterais sa !

 

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How comes such a big storm in these blue eyes ?

< Blow >

 

[ I cannot hang on any thought
I'm falling from an endless boat
I dive into the darkest sea
And sharks are dancing around me ]

 

 

 

Would you look at me now?
Can you tell I'm a man?
With these scars on my wrists
To prove I'll try again
Try to die again, try to live through this night
Try to die again...

               Pantera - Suicide Note Pt. I

<><><><><><><><><><><>

I'm sitting here alone in darkness
Waiting to be free,
Lonely and forlorn I am crying
I long for my time to come
Death means just life
Please let me die in solitude

               Candlemass - Solitude

<><><><><><><><><><><>

It's a dream
Only a dream
And it's fading now
Fading away
It's only a dream
Just a memory without anywhere to stay

               Neil Young - It's A Dream

<><><><><><><><><><><>

The mirrors, the mirrors
That are between us
Me and you
Separated, delirious
You... beholder,
Seeing. We
Are watching, observing
You still when you are not
Touch the surface, cold and smooth
You see me as I touch you...

               Illnath - Behind The Mirrors

 

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Don't become a ghost with no colour Cause you're the best paint, life ever made

< Lost Highway >

 

[ The floor is cold
Her blood too hot
The pain could go
Just with one shot
Sleep little princess
One last caress
One last pearl of blood
Rollin' on your world
So slow
She almost touches
The rainbow ]

            AaRON - Angel Dust

 

 

Bernard Plossu, Oklahoma, 1980

 

 

Je n'ai rien à dire. 

Je me sens vide.

Une autre âme habite mon corps.

Tout ce qu'il reste de mon moi habituel est le Zahir.

 

 

>>  I   K N O W   T H A T   T H E   S U N   S H I N E S

B E T T E R   N O W   T H A Y O U  '  L L   S T A Y

B Y   H I S   S I D E   F O R   E V E R  <<

 

 

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Sometimes I do wonder

< Angel Dust >

 

[ J'ai langui, j'ai séché, dans le feu, dans les larmes,
Il suffit de tes yeux pour t'en persuader.
Si tes yeux un moment pouvaient me regarder
 ]

                        Racine - Phèdre

 

Aujourd'hui, pour la première fois, j'ai rencontré quelqu'un. Quelqu'un dont j'ai pensé qu'il pouvait être à la hauteur. Pas la mienne, celle-là je m'en contre-fous, mais la sienne, sa hauteur. Je redoutais que ce jour n'arrive jamais - il est arrivé. Certes, il ne s'y substitue pas, rien ne s'y substitue, mais il présente une alternative intéréssante. Très intéréssante, même. Etrange comme un souple regard, des mots peu ou pas échangés peuvent tout bouleverser. (Je dis tout, mais chez moi c'est plutôt un rien) D'ailleurs, ce n'est pas la première fois, deux fois depuis les vacances de février ça fait beaucoup, moi qui m'étais habituée à mes tourments, tout à coup ces yeux marine glaciaux viennent tout refroidir, on dirait une tranquillité, jamais eue, mais retrouvée tout de même, c'est agréable et désagréable en même temps.

Sa ne sert vraiment à rien tout ça, puis les alternatives ne m'intéréssent pas - j'ai toujours été toutourientiste, je m'en fous des alternatives, je veux ce que je veux et c'est tout. Et tanpis si je ne l'aurais jamais, je ne dois m'abaisser à la vermine. Pourtant c'est précisémment ce que tu as fait... Oui, mais j'en avais envie. Plaisir malsain. Je n'ai vraiment pas envie de vivre, je devrais rester sur mon lit à fixer le plafond, j'aurais peut-être quelques illuminations et peut-être pas, mais au moins je ne ferais pas chier le monde et - surtout - le monde ne me ferait pas chier. Mon ambition est sans limites ces temps. Je rêve de ne faire qu'une seule chose : m'en aller bien loin, me faire oublier de tous ceux que j'ai connus, en oublier la plupart et vivre une ville sans règles dans des coins bien tranquilles loin de tout.

 

Klimt - The Kiss

 

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